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Roumi : entre la France et la Tunisie - Page 5

  • Je hais la fête de la musique...

    A Pierrot...

    Cette semaine aura lieu la sempiternelle fête de la musique, créée en 1981 et dont le génial promoteur n’est autre que notre ex-ministre perpétuel de l’inculture, l’ineffable Jack Lang.

    Que penser objectivement d’une telle fête ? Pas grand-chose aux dires de mon âne en peluche auquel je fais souvent appel pour me situer idéologiquement dans les grands débats de notre époque.

    La fête de la musique est destinée à permettre aux musiciens amateurs de s’exprimer tous les 21 juin que Dieu fait… mon Dieu, pourrais-tu passer dorénavant directement du 20 juin au 22 juin, s’il te plaît, merci… ?!

    Notre Jack Lang national, prestidigitateur de la politique française, ayant renoncé à la langue de Blois pour répondre au chant des sirènes boulonnaises, n’avait-il pas dit en son temps : « pour la Fête de la musique, je veux voir chaque Français sortir dans la rue avec son instrument à la main ». Tout s’éclaircit à la lumière de cette formule à double sens ! La fête de la musique n’est rien d’autre qu’une gigantesque partouze, le plus grand bordel organisé du monde, fleuron du rayonnement culturel français.

    A nous donc les amplificateurs vomissant les décibels et les fausses notes à profusion ! A nous les chanteurs sans voix gratouillant leurs guitares à moitié fracassées.

    - Vive la musique !

    - Comment ?

    - Je dis VIVE LA MUSIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIQUE !  T’es bouché ou quoi ?

    - Désolé mais je suis juste devant l’ampli ! T’as raison : VIVE LE BRUIIIIIIIIIIIIIT !

    Réjouissons-nous… pardon, réjouissez-vous ! Moi j’ai plus d’estime pour les bohémiens qui assassinent les grands airs classiques dans le métropolitain parisien avec leurs violons désaccordés ou leurs accordéons rouillés que pour ces musiciens à la petite semelle en quasi épectase quand ils connaissent chaque 21 juin leur quart d’heure de gloire devant un parterre de mélomanes aussi avertis qu’un troupeau de bœufs devant une toile de Raphaël (le peintre… pas le chanteur sans voix !).

    Heureusement la fête de la musique 2007 succombera de sa belle mort après quelques heures interminablement longues et les hordes mélomaniaques braillardes et manchotes sombreront à nouveau dans leur anonymat bien mérité pour une année durant laquelle elles ne manqueront pas d’aller faire soigner leurs acouphènes et changer les piles de leurs sonotones.

    Durant cette longue année d’autres feront à la musique une fête permanente… ils travailleront sans relâche, apprendront le solfège avec abnégation et répéteront sans fin leurs gammes jusqu’à tirer des sons acceptables de leurs instruments. Ils ne tireront aucune gloire des succès faciles et ne penseront pas que la qualité musicale se mesure nécessairement à la puissance des décibels. Ils n’attendront pas le 21 juin pour jouer et n’auront pas l’indécence de se produire devant un public sans être en mesure d’honorer le plus dignement possible les œuvres interprétées. Leur fête n’est d’ailleurs pas le 21 juin mais le 22 novembre ; c’est le jour de sainte Cécile, patronne des musiciens et fabricants d’instruments. Notre vraie fête c’est le 22 novembre : ce n’est peut-être pas la fête de la musique mais c’est en tout cas plus simplement la fête des musiciens.

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    P.S. : je tiens à vous signaler avec joie l'ouverture du blog de mon ami Nihed Mbarek, informaticien de génie et ancien pilier du club info+ de la faculté des sciences de Tunis : http://compilator.blogspot.com.

  • Quand manger du chocolat rendait intelligent…

    Quel rapport entre le chocolat et l’intelligence ? A priori aucun… d’autant qu’en voyant l’individu lambda se goinfrer de chocolat, on pourrait penser que les dérivés de la fève de cacao aliènent l’intelligence humaine plus qu’ils ne la favorisent !

     

    Fort heureusement le passé dément quelque peu ce jugement pessimiste.

     

    Prenons le cas de la chocolaterie Delespaul-Havez … cette marque disparue, aujourd’hui englobée dans le groupe Danone et qui ne dit plus rien à personne, a inventé le Carambar, cette fameuse barre de caramel recouverte d’un emballage jaune où figure des blagues peu subtiles – « blagues carambar » qui, si elles ont agrémenté et agrémentent encore les discussions de certaines cours de recréations, n’ont pas beaucoup œuvré pour l’éducation de la jeunesse !

     

    Delespaul-Havez, le chocolatier de Marcq-en-Baroeul, serait donc également coupable d’aliénation mentale de masse avec son caramel dur comme le marbre ! Certes mais il n’en a pas toujours été ainsi car la chocolaterie a ajouté pendant longtemps aux emballages de ses productions à base de cacao de petits cadeaux destinés à fidéliser sa clientèle, en un temps où les groupes d’industrie avaient une certain noblesse d’âme à l’égard de la jeunesse ! Il s’agissait en l’occurrence de chromos, ces petites images à la fois publicitaires et culturelles.

    Beaucoup de ces chromos avaient pour thèmes l’histoire ou la géographie. Delespaul-Havez s’'est consacré à la géographie du monde par le biais de chromos faisant découvrir un certain nombre de pays du monde grâce à de petites photographies destinées à garnir un album envoyé par le chocolatier sur demande.

    Le premier album, manifestement paru dans les années 1930, est consacré logiquement à des terres fortement liées à l’époque à la France, à savoir l’Algérie (colonie française formant quatre départements d’outre-mer), la Tunisie et le Maroc (deux royaumes sous protectorat français), l’Indochine (régime mixte de colonie et protectorat français), la Syrie (placée sous mandat français par la Société des Nations) et l’Egypte (royaume sous protectorat anglais), très liée à la France depuis la fin du XVIIIe s. L’album est agrémenté de quelques commentaires sur les pays concernés et permet d’insérer les chromos récoltés dans les diverses produits de Delespaul-Havez.

    La Tunisie hérite d’une page de l’album avec six chromos. Les commentaires sont succincts, un peu datés voire connotés selon les idées de leur temps ; néanmoins demeure l’effort de diffusion de connaissance qui apparaît d’autant plus louable qu’il s’est quelque peu perdu de nos jours.

    Il est notable que quatre de ces chromos concernent Tunis ; le cinquième ne s’en éloigne d’ailleurs pas beaucoup puisqu’y figure une partie des vestiges de Carthage ; le sixième concerne la ville de Bizerte.

    Un chromo met en avant le patrimoine archéologique antique (ruines d’une basilique de Carthage) ; trois autres sont des vues de la Tunis dite « arabe » ou « indigène » (rue Halfaouine, marché de la rue Sidi Ben Ziad en direction de la mosquée Zitouna , souk avec ses colonnettes aux motifs torsadés) ; une autre de la ville « européenne » (vue des actuelles avenues de France et Habib Bourguiba prise depuis Bab el Bhar) ; une enfin de l’ancien port de Bizerte.

    On insiste nettement plus sur Tunis que sur le territoire tunisien et plus encore sur ce qui est urbain, sédentaire que sur ce qui est rural, nomade, ... Le fait que Bizerte soit finalement la seule localité autre que Tunis représentée marque l’importance de cette ville, fortement marquée par l’empreinte française, en particulier avec la base navale et les aménagements liés, comme le rappelle le commentaire associé à cette photographie.

     

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  • Souvenirs d'eau

    Ceux qui me connaissent bien savent que je parle souvent de l’eau, que ce soit dans les notes de ce blog ou ailleurs. Voici quelques souvenirs personnels liés à l’eau, soit des fragments de mails ou textos envoyés à des êtres chers soit de petits textes écrits pour l’occasion et relatant des souvenirs parfois anciens.

     

    J’étais seul au bord de la rivière, assis sur un banc, les yeux fermés et sous la chaleur un peu timide du soleil... c’est étrange car je n’ai pensé à rien ni à personne... c’est si rare... ma tête était vide... j’étais seul mais je ne ressentais pas la solitude...

     

     

    [Au bord de l’eau] j’aime la nature en ce qu’elle a de silencieuse... les bruits de la nature sont un silence et j’aime cela. Je suis méditatif... je peux parler très peu dans une journée... je pense et j’écris...

     

     

    Je suis au bord de l’eau... Je pense toujours beaucoup à toi ici parce que cette eau est aussi douce et belle que ton âme... Je rêve... J’étends mes ailes... et en quelques battements je suis prêt de toi. C’est un de mes rêves les plus chers. Le soleil et un petit vent frais viennent me ravir quelques larmes. Je vais faire ma sieste maintenant avec mon reflet mélancolique pour seul compagnon.

     

     

    Je suis assis au bord de l’eau... je pense à toi... cela fait des semaines que tu ne m’as pas parlé... je regarde mon téléphone... je fais défiler les numéros et je tombe sur le tien... je regarde ton numéro mais sans plus avoir le courage d’essayer de t’appeler... je relis un à un tous tes textos enregistrés sur mon téléphone... je t’attends comme à chaque fois... ma foi en toi jamais entamée... l'eau qui s'écoule à mes pieds m'apaise quelque peu... elle me berce, me console, me rassure sur le sens de toute chose, m'aide à regarder vers l'avenir avec confiance.

     

    Je suis avec toi... un des beaux jours de ma vie... tu me demandes si je veux voir l’océan... je te dis oui... nous arrivons au bord de la plage, immensément déserte en raison de la fraîcheur et du vent... on décide de marcher dans le sable et de se rapprocher du bord de l’eau... je suis ravi... je me baisse pour caresser de ma main les ondulations d’une vague expirant à nos pieds... je te regarde et je suis heureux d’être près de toi... le lendemain nous marchons beaucoup et nous retrouvons notamment sur la petit digue avec le phare au bout... l’océan est assez violent ce jour-là... vivifiant... on se sent jeune, en pleine forme...

     

     

    Eau cruelle, tu as balayé d’une lame un être que j’aimais. Ce camarade de lycée au regard doux que j’admirais... je voulais être lui, lui ressembler, m’inspirer de ses vertus... je n’avais pas seize ans, lui en avait dix-sept. Pourquoi m’as-tu abandonné, A. ? Je pense à toi souvent, depuis ce putain de jour où tu as fait un malaise et que tu t’es noyé dans l’Atlantique. C’était il y a treize années déjà ; depuis tu ne m’as jamais quitté. J’étais le petit... tu étais le grand... je suis devenu le grand et toi l’éternel petit... Qu’est-ce que tu me manques ?!

     

     

    Je me baigne avec toi... ma dernière baignade en mer... on s’attrape par les pieds... on joue comme deux frères, deux gamins de 24 et 25 ans... on chahute, on se frôle et on s’attrape par les pieds pour se faire tomber dans l’eau, sans penser une seconde aux gens qui nous entourent, à ce qu’ils pourraient croire comme bêtises de nous... Le temps est suspendu...

     

     

    Cette promenade s'est rapidement transformée en sieste improvisée puisque je me suis trouvé un banc tranquille [au bord de l’eau] où j'ai somnolé par intermittente pendant une bonne demi-heure... Il était bien agréable ce petit moment de repos... j'ai fermé les yeux... j'entendais le bruit des remouds de l'eau... c'est très apaisant... j'entendais quelques canards circulant dans le secteur. Mon corps était partagé entre deux énergies, l'une chaude, celle des rayons du soleil qui me caressaient, et l'autre froide, celle du vent frais qui venait m'envelopper. C'était étonnant ce mélange de chaud et de froid qu'on peut ressentir. C'est une sensation agréable.

     

     

    Cette note est dédiée à celui avec qui existe la petite « tradition du mardi ».

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