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Roumi : entre la France et la Tunisie - Page 4

  • Un ange à l’épreuve de la vie

    Mon très cher ****,

     

    Le samedi 7 juillet 2007 vient de marquer le deuxième anniversaire de ton blog, ‘‘Mon enfer’’… délicieux jour de l’éclosion de l’arbre de tes pensées... arbre beau, fragile et troublant dont les fruits généreux délivrent à ceux qui savent les apprécier la connaissance de quelques unes des facettes de ton âme subtile et complexe.

     

    Que te dire en cet anniversaire qui, personnellement, me réjouit ? Mon admiration pour ton sens impressionnant de l’écriture ; tes pensées se nourrissent de lectures, expériences artistiques et émotives, qui donnent à ton regard un éclat incomparable. Mon admiration pour ta précocité intellectuelle – tu as à peine plus de 19 ans – qui nous offre depuis deux ans sur un plateau d’argent des écrits d’une remarquable maturité. Mon admiration pour ton courage, celui d’exprimer tes sentiments les plus intimes ainsi que ton identité homosexuelle, le tout avec la plus grande délicatesse qui soit.

     

    Ton blog, certainement beaucoup plus lu qu’il n’est hélas commenté, permet à beaucoup de reconnaître tel ou tel aspect de sa propre existence à travers ton propre vécu, grâce à ces mots si expressifs par lesquels ton cœur tente d’exorciser ses peines, ses doutes. Pour d’autres, simples « curieux » – espérant que cela soit au meilleur sens de ce terme – ton parcours est un témoignage poignant sur l’acceptation de soi et sur le regard des autres... un témoignage qui peut changer peut-être la vision de certaines personnes qui pensent à tort que l’humanisme pourrait être à géométrie variable selon l’identité de la personne que l’on a face à soi.

     

    Que te souhaiter ? Qu’espérer pour toi ? Ouvre grand tes yeux et respire à fond l’air qui nous entoure. Profite de la vie, de sa monotonie douce et de ses fantaisies inattendues, en dépit de tout ce qui nous tourmente parfois et nous éloigne temporairement du bonheur. La sagesse des ans est peut-être l’unique chose qui te manque encore ; elle nous aide autant que faire se peut à apprécier les instants éphémères où nos âmes sont comme en suspension dans l’Éther baigné par la chaleur du soleil. Cette sagesse, liée aux expériences de la vie, t’aidera progressivement à prendre confiance en toi. Quoi qu’il en soit, tu as été, tu es et tu resteras pour toujours un Ange à l’épreuve de la vie, un Ange exceptionnellement radieux en dépit des épreuves difficiles que tu traverses. Garde en toi l’espoir et sois assuré que tu pourras toujours compter sur ceux qui t’aiment.

     

    J’ai relu intégralement ton blog cette semaine… tout ce que tu as écrit depuis deux ans. J’ai essayé de choisir – épreuve redoutable – certains mots de toi qui me semblaient particulièrement significatifs de ce que tu es. J’espère que cela mettra autant que possible en valeur la grandeur de ton âme.

     

    Je t’embrasse très fort, mon cher ****. Prend soin de toi, mon Ange.

     

    Roumi

     

    **********************

    Quelques pensées de toi…

     

    « J'avais 12 ans lorsque j’ai découvert que je suis homosexuel (…). Au début, je me sentais déprimé (…). Un "phénomène" que je n’acceptais pas et que je rejetais à chaque fois, mais c'était plus fort que moi... (…). Et c’était comme ça pendant 2 ans, jusqu’à ce qu’un jour, au début de mes 15 ans, je découvre que je ne suis pas l’unique personne dans ce monde qui vit ce "mode de vie" insupportable. »

     

    « Je me demande parfois pourquoi les gens haïssent les homosexuels, si c’est une question de religion, la religion ne peut pas interdire l’amour. (…) le côté fantasme sensuel, c’est 100% naturel, quoi de plus beau que d’être emporté dans un courant d’amour, se sentir léger, goûter au plaisir magique de notre émotion la plus merveilleuse. (…) Les humains comprendrons-t-ils un jour que je ne suis pas aussi différent d’eux comme ils le pensent encore ? Que ma sexualité ne doit pas causer une rupture entre mon entourage et moi ? Dommage que Dieu est si aimable que chacun se croit le seul pouvoir obéir à ses ordres sacré. Moi, j’aime Dieu et je suis sûr que lui, il m’aime aussi (…). »

     

    « Je me sens si proche de toi, si loin de vous. Je me sens très à l’aise à tes côtés, très déprimé aux vôtres. Je suis perdu, perdu dans l’inconnu, dans l’immortel infini. (…) je me sens virtuel, un être sans pouvoir être, à moitié âme, et l’autre moitié est le vide qui sature mon coeur, un vide impitoyable, un énorme vide féroce, carnivore, qui ne cesse de dévorer mon coeur, mon coeur si faible qu’il ne peut contenir que du sang, du sang mort, périmé, noir. (…) je ne me sens avoir pu exister, je me sens nostalgique, exterminé du monde, loin de vous, si loin de vous, très loin, trop loin... Pourquoi, pourquoi... pourquoi moi ? (…) Je suis dans la confusion, la plus dure des confusions, mon unique confusion, mon éternelle réflexion... »

     

    « J’ai un faible pour les mots durs ; les gens ignorent qu’une simple phrase, de deux mots, risque d’être une arme. Ils l’utilisent juste pour se faire remarquer, qu’ils ont tué une personne allergique aux mots fragiles. »

     

    « Je ne sais plus où je suis avec l’histoire de ma vie que je me racontais depuis toujours. »

     

    « Chaud, le son de ton salut, vibrant, ainsi, lumière... couleur de tes paroles. Un cauchemar de bonheur, illusion réelle et espoir enterré. Moment de magie et de solitude, instant d’or et de peine, mon corps frissonnant et mon cœur altéré. Pourquoi toute cette histoire ? Pour un simple humain ? J’ai à peine senti mon vide se remplir et te voilà, sorti de nulle part, débouchant mes veines et me rappelant à chaque fois que tu es le seul à pouvoir me rendre la vie. »

     

    « Depuis mon enfance, mes seules croyances étaient l’art, la beauté de la nature et l’effet de l’amour. Ainsi, en prenant ces trois éléments comme la base de ma vie j’ai pu remplir un certain vide en moi pour répondre à l’absurdité de mon existence. J’ai commencé alors à haïr tout ce qui s’oppose à ma religion à moi et j’étais en quelque sorte l’athée qui cherchait à croire en quelque chose qui pourrait combler son vide et éteindre la flamme de ses haines. Ce matin, j’ai vu la religion dans toute sa beauté, avec l’amour qu’elle pourrait contenir et la perfection d’une poésie sacrée. »

     

    « Chaque jour, je sors dans l’espoir de croiser la vie sortir de chez elle. »

     

    « J’ai pas choisi le silence, c’est lui qui me court après depuis le jour où j’ai découvert tout ce bordel, le jour où j’ai découvert qu’il existe du monde qui me hait au point de jouir en me regardant mourir lentement, car je n’ai pas "obéi" à leurs lois, à leur société et à la religion de chacun d’eux. »

     

    « J’ai envie de plus en plus d’en parler à mes amis et surtout à ma meilleure amie, elle est toujours à mes côtés, et on partage beaucoup de choses ensembles, on est presque tout le temps tout les deux que certains (les plus cons lol) croient qu’elle est ma petite amie ! Mais elle est loin de l’être bien sûr, j’aime sa compagnie car je trouve en elle des choses que j’ai tant cherchées chez d’autres (…) Mais si elle me paraît bien tolérante et amicale ça ne veut pas dire forcément qu'elle pourrait me comprendre aussi facilement ! Elle risque de ne plus me parler pendant un long moment voire pour jamais dans les pires des cas !! Elle penserait que j’ai dû tout lui raconter depuis le début, que je suis un menteur et que c’est "dégoûtant" de le savoir maintenant ! J’hésite encore, mais j’ai presque un peu peur d’une réaction négative. Comme si j’ai confiance en moi et en elle et comme si je n’ai pas d’autre choix. C’est vrai, je dois le faire tant que c’est encore le temps, on est intime et fidèle, rien de plus bonnes conditions pour le faire, je dois avouer que ça va être un choc terrible pour elle (la pauvre lol) mais bon! Un petit moment "critique" pour une éternité moins "critique" :). »

     

    « Je n’ai pas le génie de Baudelaire pour décrire le noir qui est en moi ni le talent de Zola pour immortaliser le visage que j’ai de toi, mais je peux une chose, j'ai l’âme prête pour toi, le cœur vibrant, criant de toutes ses forces qu’il te chérira pour l’éternité, et moi là comme ce soldat malheureux craignant le début de la guerre j’ai peur. Faible et fatigué toujours à cause de mon destin. Et mes sentiments se bousculent, car j’ai hâte de vivre. Je t’imagine capable de me rendre heureux, plein de tendresse et d’amour, comme si tu le feras pour l’élu(e) de ton cœur. Je m’imagine à tes côtés sentir le teint de ton visage et les battements de ton cœur, comme jusqu’au levé du soleil. »

     

    « Je n’arrive qu’à voir tes yeux au milieu des autres, des yeux d’anges, des yeux d’amour. Ça me fait jouir, je me sens heureux, ... pour l’instant. Tu es loin. Tu l’es toujours. Approche ! Regarde moi ! Écoute ! Écoute cette âme en train de mourir, entends-tu sa voix ? N'aie pas peur, ne regarde que moi, oublie les autres et fais moi rêver avec ta douceur. Mets ta main sur mon visage, regarde le comme il devient à mon âge, un visage. Laisse moi respirer ton odeur, l’autre air n’a pas d’effet sur ma douleur. Je veux sentir la chaleur de ta peau et la magie de tes mots, des mots d’amour, des phrases d'amour ! Quoi encore ? Qu’attends-tu à le faire ? Fais le pour moi, je t'en pris car je t’aime ! Attends, ne me laisse pas au bord de mon extase !!! Où es-tu ? "Venez, chère grande âme. On vous appelle, on vous attend". »

     

    « Tu me regardes, tu me vois. Vois-tu autres choses ? Vois-tu au moins l’ombre de mon âme à tes côtés ? ... l’image de ton visage dans mes profondeurs ? ... le reflet de mon coeur dans mes yeux ? Peux-tu voir un être sans être, un quelqu’un sans pouvoir, un garçon désespéré, perdu, confus, morose ?! Peux-tu sentir ma mort? Sentir cet esprit dégoûté par la vie après toi, déjà, avant de l’avoir vécu !? »

     

    « Je suis l’esclave d’un inconnu tombé du ciel. Je suis la bête d’un méchant dresseur. Je suis la victime d’un féroce. Je suis la cible d’un éclair. Je suis le reflet du noir. Je suis un perdu écroulé. Je suis la feuille grise d’un érable. Je suis la demeure de l’adversité. Je suis le nuage racorni. Je suis un néant étouffé. Je le suis parce que je t’aime, encore, et rien au monde ne pourra m’empêcher à être ce que je suis. Je suis le déterminé à se sacrifier juste pour te voir. Je consomme ce qui me reste d’espoir à vivre sans toi. Je tue la convoitise qui me tue. Je sauve mes émotions, ma sensation, mes sentiments lorsque je te vois. Je garde l’effet de ta main sur la mienne. Je perds l’espoir de gagner, mais j’ai pu remplir un vide irremplissable, tuer un mal de solitude, ruiner ma déficience. »

     

    « Je m'allonge sur mon lit avec l'espoir de le voir devant mes yeux fermés. Je vois son sourire et son allure s’éclaircir, la lumière le love, c’est irrésistible ! Il me sourit comme toujours, avec le même sourire. Un regard, puis un signal, un salut. Ça me rend mon âme, l’âme qu’il me prend chaque fois que je le quitte des yeux. Il me rend mon espoir et mon envie. Il me rend ma force et ma résistance. Il me rend mon être et ma personne, il me rend ma vie, il en fait une autre beaucoup plus belle, plus douce et tendre. Il l’ignore. Il ignore qu’il est la source de ma vie. Le matin, il est la première chose que j’y songe – la nuit il demeure cette chose. Il a réussi à me faire perdre la tête et le goût de la vie. Ô ma vie ! Que seras-tu après lui ? Un rien ? Oui je sais, il le faut ! »

     

    « La lumière de tes yeux accompagne encore et encore ma mémoire, ton odeur mon nez, ta peau mon corps, ... je ne peux vivre une seconde sans penser à toi, sans retrouver ces moments si délicieux que j’ai passés à tes côtés, sans sourire à peine que je trouve l’ombre de ton image devant mes yeux. Mes amis me regardent, je les regarde, je te regarde, je te contemple, comme un dieu au milieu de l’univers, rien ne vaut ta présence devant moi, rien ne vaut ce sourire que tu me "jettes" de temps à autre, comme si j’étais... quelqu’un. (…) je suis près à mourir pour te prouver mon amour, rien de plus. Je suis fou ? Je sais. »

     

    « J’ai réussi à déjeuner avec lui, ce n’était qu’une courte demi-heure, mais elle était surtout une merveilleuse demi-heure, je n’ai réussi qu’à jeter quelques mots, comme ça, sans contexte, juste pour entendre sa voix, une voix plus douce que la soie elle-même, une voix d’ange, peut-être, mais ce qui est sûr c’est qu'elle est une voix magique, séduisante, même plus, cruelle. Elle m’avait conduit à l’interdit, à lui tout révéler, tout, d’un seul coup...! J’ai choisi de jouer le tout pour le tout, et j’ai bien fait, ou presque, j’ai au moins pu voir son beau visage, son corps viril, et admirer son sourire ensorcelant. Il était gentil avec moi, mais je crois qu’il s'en fichait de ce que je ressens, putain. »

     

    « Je me lève le matin avec la même pensée dans ma tête, le voir, lui parler. Je me prépare en supportant péniblement la routine obligatoire du matin, de tous les matins. (…) J’arrive, déjà en mauvaise humeur, y’a plein de monde, mais je ne vois personne, il n’est pas encore arrivé... Mes amis me parlent, je fais semblant de les écouter, je ne suis pas avec eux, je suis avec une autre personne, moi-même, ils ignorent tout ce qui se passe dans ma tête qui est sur le point d’exploser à cause de lui, le con. Souvent je me demande, pourquoi lui ? Ah, putain, il est là derrière moi, depuis quand ? Je ne l’ai pas vu arriver ; merde, je ne peux pas lui parler il est avec ses copains ; c’est pas grave, je le vois, au moins. (…). »
  • Ouled Gabsi

    Plongée dans mon musée personnel…

    On y trouve quelques albums de photographies anciennes que je collectionne toujours avec un grand intérêt.

    Je tombe sur d’émouvantes photographies d’enfants prises par des touristes français en avril 1938 au sud de la Tunisie… dans l’oasis de l'antique Gabès, avec sa végétation caractéristique de palmiers-dattiers et son oued, canalisé notamment par le « barrage romain » au bord duquel on voit ces enfants se baigner…

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  • Carnage au rayon « musique classique » de la FNAC

    Je voudrais offrir cette note à Bruno… espérant qu’il passe par ici. :)

     

    Vendredi après-midi… temps sinistre à Paris… je sors dehors vers 15h30, sous la pluie et le ventre vide… je ne sais pas trop où aller vu que je n’ai pas mon habituel rendez-vous de 16h00 avec mon grand-frère H. Après avoir récupéré un sandwich mes pas me mènent un peu au hasard vers les Halles… je décide d’aller faire un tour à la FNAC, et plus précisément au rayon musique classique. Je n’en ai même pas conscience mais le piège machiavélique de mon inconscient commence à se refermer sur moi...

    Je vais directement dans la partie « musique instrumentale » et je cherche les disques de flûte à bec. ça y est, je viens de les trouver… le drame est consommé !

     

    Mon esprit est totalement annihilé maintenant et je suis livré pied et point lié à ma pulsion acheteuse… J’inspecte frénétiquement tous les disques susceptibles de m’intéresser : « j’ai… j’ai… j’ai pas… j’ai… j’ai pas… ». Tout ce fait rapidement, de manière quasi implacable !

    Mon choix se porte très rapidement sur deux CD et un double CD qui m’ont l’air sympathiques… je ne regarde même pas leur prix… si je le regarde, je ne vais pas les acheter donc je prends sans envisager cet « aspect » de la problématique… curieusement un vague éclair de raison me dit que je devrais me contenter cette fois-ci de ces 2+2 disques… on est loin de mon record, ce jour d’août 2005 où j’avais pillé harmonia mundi à Arles avec 16 CD achetés en une fois je crois ! De toute façon, quand j’entre dans un rayon de disques classiques et plus encore dans une librairie c’est un désastre financier.

     

    Je rentre à la maison… j’écoute mes quatre CD. Je crois bien que j’ai pas été si heureux depuis des mois… je pleure de bonheur en écoutant cette musique. C’est la musique qui me fait remonter les émotions à fleur de peau… c’est comme si je m’emplissais d’émotion… j’ai l’impression alors que je vais exploser de joie.

     

    Je pense…

    A mes longues années de la flûte… à mes pleurs quand j’étais ému par ce que je jouais moi-même ou lorsque je n’arrivais pas à jouer convenablement un morceau et que je le répétais jusqu’à y arriver… à mes sourires et à cette légèreté qui envahissait mon corps quand mon souffle trouvait son exutoire dans l’une de mes flûtes… à ces moments partagés avec ma prof, avec toutes celles et ceux qui ont joué avec moi, et particulièrement mes sœurs… à tous ces regards qui se posaient sur moi et qui me troublaient tant quand je jouais… à toi qui était si gracieuse, toi que j’ai aimé sans te le dire pendant des années et qui, un jour, m’a fait le bonheur de m’accompagner au piano… à celles et ceux qui ont su me « rattraper » lorsque je me trompais à cause de mon trac excessif et qui mériteraient pour cela la médaille du dévouement… à ma peur d'enfant, celle qu’on me dise que la flûte est un « instrument de pédé » quand j’étais sur le chemin de l’école de musique et que je m’efforçais de cacher mes flûtes autant que possible… aux chers compositeurs, vénérables ancêtres, dont certains sont presque oubliés et que j’avais l’impression de ressusciter modestement… à ces heures incalculables au je vivais à un autre rythme, celui que l’imposait le métronome ou le battement de mon pied, à ce temps perdu que j’espère retrouver très vite.

     

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    Le premier disque m’a permis de découvrir des pièces vénitiennes de la première moitié du XVIIe s. composées par Giovanni Picchi (actif vers 1600-1625), Biagio Marini (ca. 1587-1663) et Francesco Turini (ca. 1589-1659). Elles associent flûte, luth, orgue et clavecin, des instruments qui se marient bien. Destinée tant aux églises qu’à des occasions profanes, ces compositions marient avec bonheur solennité et légèreté. Certaines œuvres se caractérisent aussi par une certaine austérité avec notamment l’absence d’ornements. Certaines harmonies sont très originales et peu courantes notamment chez Biagio Marini auquel j’accorde volontiers ma préférence. C’est une musique jamais triste mais au contraire plutôt entraînante et aussi apaisante.

     

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    Le deuxième disque concerne des pièces anglaises de flûte à bec composées dans la seconde moitié du XVIIe s. par une dizaine de musiciens dont le plus connu est Henri Purcell (1659-1695), dont on retiendra surtout l’opéra Didon et Enée [et voilà j’ai rattaché ma note à la Tunisie !!!! :p]. Ce qui caractérise ces œuvres c’est l’usage unique des flûtes et du clavecin, ce qui donne une sorte d’impression de modestie par ailleurs démentie par les développements mélodiques très riches, y compris pour les parties de clavecin, pas uniquement destiné à accompagner la flûte. Certaines mélodies rappelleraient presque des harmonies de ce que l’on nous vent aujourd’hui comme de la musique celtique. Contrairement au disque précédent, ces œuvres anglaises ont plus une dimension festive, musique liée à la pompe de cour royale, qu’il s’agisse de musique de danse ou de marches militaires.

     

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    Le troisième disque est en fait un double CD qui offre des œuvres typiques de l’époque baroque avec des auteurs plus connus tels que Georg Philipp Telemann (1681-1767), Johann Sebastian Bach (1685-1750), Georg Friedrich Haëndel (1685-1759). On y retrouve la célèbre « gaillarde du roi de Danemark » de John Dowland (1593-1626), l’air non moins célèbre Greensleeves. Je dois dire que ces deux disques m’ont ému parce que j’ai personnellement joué la plupart de ces œuvres, avec moins de virtuosité cela va sans dire ! Mais enfin j’y mettais tout mon cœur et c’est l’essentiel. On y trouve essentiellement des sonates alternant, comme c’est d’usage, les morceaux vifs et ceux plus graves. On trouve aussi une œuvre du  maître hollandais Johann Jakob van Eyck, flûtiste aveugle et musicien béni des flûtistes car ses Variations si expressives sont en quelque sorte devenues les gammes du flûtiste… plus ludiques que des gammes classiques et permettant également de travailler la rythmique, l’ornementation et plus globalement l’expressivité.

     

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    Je vous invite à cliquer sur les liens proposés qui vous permettront d’écouter de nombreux extraits musicaux de ces CD.