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Evénements

  • Un ange à l’épreuve de la vie

    Mon très cher ****,

     

    Le samedi 7 juillet 2007 vient de marquer le deuxième anniversaire de ton blog, ‘‘Mon enfer’’… délicieux jour de l’éclosion de l’arbre de tes pensées... arbre beau, fragile et troublant dont les fruits généreux délivrent à ceux qui savent les apprécier la connaissance de quelques unes des facettes de ton âme subtile et complexe.

     

    Que te dire en cet anniversaire qui, personnellement, me réjouit ? Mon admiration pour ton sens impressionnant de l’écriture ; tes pensées se nourrissent de lectures, expériences artistiques et émotives, qui donnent à ton regard un éclat incomparable. Mon admiration pour ta précocité intellectuelle – tu as à peine plus de 19 ans – qui nous offre depuis deux ans sur un plateau d’argent des écrits d’une remarquable maturité. Mon admiration pour ton courage, celui d’exprimer tes sentiments les plus intimes ainsi que ton identité homosexuelle, le tout avec la plus grande délicatesse qui soit.

     

    Ton blog, certainement beaucoup plus lu qu’il n’est hélas commenté, permet à beaucoup de reconnaître tel ou tel aspect de sa propre existence à travers ton propre vécu, grâce à ces mots si expressifs par lesquels ton cœur tente d’exorciser ses peines, ses doutes. Pour d’autres, simples « curieux » – espérant que cela soit au meilleur sens de ce terme – ton parcours est un témoignage poignant sur l’acceptation de soi et sur le regard des autres... un témoignage qui peut changer peut-être la vision de certaines personnes qui pensent à tort que l’humanisme pourrait être à géométrie variable selon l’identité de la personne que l’on a face à soi.

     

    Que te souhaiter ? Qu’espérer pour toi ? Ouvre grand tes yeux et respire à fond l’air qui nous entoure. Profite de la vie, de sa monotonie douce et de ses fantaisies inattendues, en dépit de tout ce qui nous tourmente parfois et nous éloigne temporairement du bonheur. La sagesse des ans est peut-être l’unique chose qui te manque encore ; elle nous aide autant que faire se peut à apprécier les instants éphémères où nos âmes sont comme en suspension dans l’Éther baigné par la chaleur du soleil. Cette sagesse, liée aux expériences de la vie, t’aidera progressivement à prendre confiance en toi. Quoi qu’il en soit, tu as été, tu es et tu resteras pour toujours un Ange à l’épreuve de la vie, un Ange exceptionnellement radieux en dépit des épreuves difficiles que tu traverses. Garde en toi l’espoir et sois assuré que tu pourras toujours compter sur ceux qui t’aiment.

     

    J’ai relu intégralement ton blog cette semaine… tout ce que tu as écrit depuis deux ans. J’ai essayé de choisir – épreuve redoutable – certains mots de toi qui me semblaient particulièrement significatifs de ce que tu es. J’espère que cela mettra autant que possible en valeur la grandeur de ton âme.

     

    Je t’embrasse très fort, mon cher ****. Prend soin de toi, mon Ange.

     

    Roumi

     

    **********************

    Quelques pensées de toi…

     

    « J'avais 12 ans lorsque j’ai découvert que je suis homosexuel (…). Au début, je me sentais déprimé (…). Un "phénomène" que je n’acceptais pas et que je rejetais à chaque fois, mais c'était plus fort que moi... (…). Et c’était comme ça pendant 2 ans, jusqu’à ce qu’un jour, au début de mes 15 ans, je découvre que je ne suis pas l’unique personne dans ce monde qui vit ce "mode de vie" insupportable. »

     

    « Je me demande parfois pourquoi les gens haïssent les homosexuels, si c’est une question de religion, la religion ne peut pas interdire l’amour. (…) le côté fantasme sensuel, c’est 100% naturel, quoi de plus beau que d’être emporté dans un courant d’amour, se sentir léger, goûter au plaisir magique de notre émotion la plus merveilleuse. (…) Les humains comprendrons-t-ils un jour que je ne suis pas aussi différent d’eux comme ils le pensent encore ? Que ma sexualité ne doit pas causer une rupture entre mon entourage et moi ? Dommage que Dieu est si aimable que chacun se croit le seul pouvoir obéir à ses ordres sacré. Moi, j’aime Dieu et je suis sûr que lui, il m’aime aussi (…). »

     

    « Je me sens si proche de toi, si loin de vous. Je me sens très à l’aise à tes côtés, très déprimé aux vôtres. Je suis perdu, perdu dans l’inconnu, dans l’immortel infini. (…) je me sens virtuel, un être sans pouvoir être, à moitié âme, et l’autre moitié est le vide qui sature mon coeur, un vide impitoyable, un énorme vide féroce, carnivore, qui ne cesse de dévorer mon coeur, mon coeur si faible qu’il ne peut contenir que du sang, du sang mort, périmé, noir. (…) je ne me sens avoir pu exister, je me sens nostalgique, exterminé du monde, loin de vous, si loin de vous, très loin, trop loin... Pourquoi, pourquoi... pourquoi moi ? (…) Je suis dans la confusion, la plus dure des confusions, mon unique confusion, mon éternelle réflexion... »

     

    « J’ai un faible pour les mots durs ; les gens ignorent qu’une simple phrase, de deux mots, risque d’être une arme. Ils l’utilisent juste pour se faire remarquer, qu’ils ont tué une personne allergique aux mots fragiles. »

     

    « Je ne sais plus où je suis avec l’histoire de ma vie que je me racontais depuis toujours. »

     

    « Chaud, le son de ton salut, vibrant, ainsi, lumière... couleur de tes paroles. Un cauchemar de bonheur, illusion réelle et espoir enterré. Moment de magie et de solitude, instant d’or et de peine, mon corps frissonnant et mon cœur altéré. Pourquoi toute cette histoire ? Pour un simple humain ? J’ai à peine senti mon vide se remplir et te voilà, sorti de nulle part, débouchant mes veines et me rappelant à chaque fois que tu es le seul à pouvoir me rendre la vie. »

     

    « Depuis mon enfance, mes seules croyances étaient l’art, la beauté de la nature et l’effet de l’amour. Ainsi, en prenant ces trois éléments comme la base de ma vie j’ai pu remplir un certain vide en moi pour répondre à l’absurdité de mon existence. J’ai commencé alors à haïr tout ce qui s’oppose à ma religion à moi et j’étais en quelque sorte l’athée qui cherchait à croire en quelque chose qui pourrait combler son vide et éteindre la flamme de ses haines. Ce matin, j’ai vu la religion dans toute sa beauté, avec l’amour qu’elle pourrait contenir et la perfection d’une poésie sacrée. »

     

    « Chaque jour, je sors dans l’espoir de croiser la vie sortir de chez elle. »

     

    « J’ai pas choisi le silence, c’est lui qui me court après depuis le jour où j’ai découvert tout ce bordel, le jour où j’ai découvert qu’il existe du monde qui me hait au point de jouir en me regardant mourir lentement, car je n’ai pas "obéi" à leurs lois, à leur société et à la religion de chacun d’eux. »

     

    « J’ai envie de plus en plus d’en parler à mes amis et surtout à ma meilleure amie, elle est toujours à mes côtés, et on partage beaucoup de choses ensembles, on est presque tout le temps tout les deux que certains (les plus cons lol) croient qu’elle est ma petite amie ! Mais elle est loin de l’être bien sûr, j’aime sa compagnie car je trouve en elle des choses que j’ai tant cherchées chez d’autres (…) Mais si elle me paraît bien tolérante et amicale ça ne veut pas dire forcément qu'elle pourrait me comprendre aussi facilement ! Elle risque de ne plus me parler pendant un long moment voire pour jamais dans les pires des cas !! Elle penserait que j’ai dû tout lui raconter depuis le début, que je suis un menteur et que c’est "dégoûtant" de le savoir maintenant ! J’hésite encore, mais j’ai presque un peu peur d’une réaction négative. Comme si j’ai confiance en moi et en elle et comme si je n’ai pas d’autre choix. C’est vrai, je dois le faire tant que c’est encore le temps, on est intime et fidèle, rien de plus bonnes conditions pour le faire, je dois avouer que ça va être un choc terrible pour elle (la pauvre lol) mais bon! Un petit moment "critique" pour une éternité moins "critique" :). »

     

    « Je n’ai pas le génie de Baudelaire pour décrire le noir qui est en moi ni le talent de Zola pour immortaliser le visage que j’ai de toi, mais je peux une chose, j'ai l’âme prête pour toi, le cœur vibrant, criant de toutes ses forces qu’il te chérira pour l’éternité, et moi là comme ce soldat malheureux craignant le début de la guerre j’ai peur. Faible et fatigué toujours à cause de mon destin. Et mes sentiments se bousculent, car j’ai hâte de vivre. Je t’imagine capable de me rendre heureux, plein de tendresse et d’amour, comme si tu le feras pour l’élu(e) de ton cœur. Je m’imagine à tes côtés sentir le teint de ton visage et les battements de ton cœur, comme jusqu’au levé du soleil. »

     

    « Je n’arrive qu’à voir tes yeux au milieu des autres, des yeux d’anges, des yeux d’amour. Ça me fait jouir, je me sens heureux, ... pour l’instant. Tu es loin. Tu l’es toujours. Approche ! Regarde moi ! Écoute ! Écoute cette âme en train de mourir, entends-tu sa voix ? N'aie pas peur, ne regarde que moi, oublie les autres et fais moi rêver avec ta douceur. Mets ta main sur mon visage, regarde le comme il devient à mon âge, un visage. Laisse moi respirer ton odeur, l’autre air n’a pas d’effet sur ma douleur. Je veux sentir la chaleur de ta peau et la magie de tes mots, des mots d’amour, des phrases d'amour ! Quoi encore ? Qu’attends-tu à le faire ? Fais le pour moi, je t'en pris car je t’aime ! Attends, ne me laisse pas au bord de mon extase !!! Où es-tu ? "Venez, chère grande âme. On vous appelle, on vous attend". »

     

    « Tu me regardes, tu me vois. Vois-tu autres choses ? Vois-tu au moins l’ombre de mon âme à tes côtés ? ... l’image de ton visage dans mes profondeurs ? ... le reflet de mon coeur dans mes yeux ? Peux-tu voir un être sans être, un quelqu’un sans pouvoir, un garçon désespéré, perdu, confus, morose ?! Peux-tu sentir ma mort? Sentir cet esprit dégoûté par la vie après toi, déjà, avant de l’avoir vécu !? »

     

    « Je suis l’esclave d’un inconnu tombé du ciel. Je suis la bête d’un méchant dresseur. Je suis la victime d’un féroce. Je suis la cible d’un éclair. Je suis le reflet du noir. Je suis un perdu écroulé. Je suis la feuille grise d’un érable. Je suis la demeure de l’adversité. Je suis le nuage racorni. Je suis un néant étouffé. Je le suis parce que je t’aime, encore, et rien au monde ne pourra m’empêcher à être ce que je suis. Je suis le déterminé à se sacrifier juste pour te voir. Je consomme ce qui me reste d’espoir à vivre sans toi. Je tue la convoitise qui me tue. Je sauve mes émotions, ma sensation, mes sentiments lorsque je te vois. Je garde l’effet de ta main sur la mienne. Je perds l’espoir de gagner, mais j’ai pu remplir un vide irremplissable, tuer un mal de solitude, ruiner ma déficience. »

     

    « Je m'allonge sur mon lit avec l'espoir de le voir devant mes yeux fermés. Je vois son sourire et son allure s’éclaircir, la lumière le love, c’est irrésistible ! Il me sourit comme toujours, avec le même sourire. Un regard, puis un signal, un salut. Ça me rend mon âme, l’âme qu’il me prend chaque fois que je le quitte des yeux. Il me rend mon espoir et mon envie. Il me rend ma force et ma résistance. Il me rend mon être et ma personne, il me rend ma vie, il en fait une autre beaucoup plus belle, plus douce et tendre. Il l’ignore. Il ignore qu’il est la source de ma vie. Le matin, il est la première chose que j’y songe – la nuit il demeure cette chose. Il a réussi à me faire perdre la tête et le goût de la vie. Ô ma vie ! Que seras-tu après lui ? Un rien ? Oui je sais, il le faut ! »

     

    « La lumière de tes yeux accompagne encore et encore ma mémoire, ton odeur mon nez, ta peau mon corps, ... je ne peux vivre une seconde sans penser à toi, sans retrouver ces moments si délicieux que j’ai passés à tes côtés, sans sourire à peine que je trouve l’ombre de ton image devant mes yeux. Mes amis me regardent, je les regarde, je te regarde, je te contemple, comme un dieu au milieu de l’univers, rien ne vaut ta présence devant moi, rien ne vaut ce sourire que tu me "jettes" de temps à autre, comme si j’étais... quelqu’un. (…) je suis près à mourir pour te prouver mon amour, rien de plus. Je suis fou ? Je sais. »

     

    « J’ai réussi à déjeuner avec lui, ce n’était qu’une courte demi-heure, mais elle était surtout une merveilleuse demi-heure, je n’ai réussi qu’à jeter quelques mots, comme ça, sans contexte, juste pour entendre sa voix, une voix plus douce que la soie elle-même, une voix d’ange, peut-être, mais ce qui est sûr c’est qu'elle est une voix magique, séduisante, même plus, cruelle. Elle m’avait conduit à l’interdit, à lui tout révéler, tout, d’un seul coup...! J’ai choisi de jouer le tout pour le tout, et j’ai bien fait, ou presque, j’ai au moins pu voir son beau visage, son corps viril, et admirer son sourire ensorcelant. Il était gentil avec moi, mais je crois qu’il s'en fichait de ce que je ressens, putain. »

     

    « Je me lève le matin avec la même pensée dans ma tête, le voir, lui parler. Je me prépare en supportant péniblement la routine obligatoire du matin, de tous les matins. (…) J’arrive, déjà en mauvaise humeur, y’a plein de monde, mais je ne vois personne, il n’est pas encore arrivé... Mes amis me parlent, je fais semblant de les écouter, je ne suis pas avec eux, je suis avec une autre personne, moi-même, ils ignorent tout ce qui se passe dans ma tête qui est sur le point d’exploser à cause de lui, le con. Souvent je me demande, pourquoi lui ? Ah, putain, il est là derrière moi, depuis quand ? Je ne l’ai pas vu arriver ; merde, je ne peux pas lui parler il est avec ses copains ; c’est pas grave, je le vois, au moins. (…). »
  • Je hais la fête de la musique...

    A Pierrot...

    Cette semaine aura lieu la sempiternelle fête de la musique, créée en 1981 et dont le génial promoteur n’est autre que notre ex-ministre perpétuel de l’inculture, l’ineffable Jack Lang.

    Que penser objectivement d’une telle fête ? Pas grand-chose aux dires de mon âne en peluche auquel je fais souvent appel pour me situer idéologiquement dans les grands débats de notre époque.

    La fête de la musique est destinée à permettre aux musiciens amateurs de s’exprimer tous les 21 juin que Dieu fait… mon Dieu, pourrais-tu passer dorénavant directement du 20 juin au 22 juin, s’il te plaît, merci… ?!

    Notre Jack Lang national, prestidigitateur de la politique française, ayant renoncé à la langue de Blois pour répondre au chant des sirènes boulonnaises, n’avait-il pas dit en son temps : « pour la Fête de la musique, je veux voir chaque Français sortir dans la rue avec son instrument à la main ». Tout s’éclaircit à la lumière de cette formule à double sens ! La fête de la musique n’est rien d’autre qu’une gigantesque partouze, le plus grand bordel organisé du monde, fleuron du rayonnement culturel français.

    A nous donc les amplificateurs vomissant les décibels et les fausses notes à profusion ! A nous les chanteurs sans voix gratouillant leurs guitares à moitié fracassées.

    - Vive la musique !

    - Comment ?

    - Je dis VIVE LA MUSIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIQUE !  T’es bouché ou quoi ?

    - Désolé mais je suis juste devant l’ampli ! T’as raison : VIVE LE BRUIIIIIIIIIIIIIT !

    Réjouissons-nous… pardon, réjouissez-vous ! Moi j’ai plus d’estime pour les bohémiens qui assassinent les grands airs classiques dans le métropolitain parisien avec leurs violons désaccordés ou leurs accordéons rouillés que pour ces musiciens à la petite semelle en quasi épectase quand ils connaissent chaque 21 juin leur quart d’heure de gloire devant un parterre de mélomanes aussi avertis qu’un troupeau de bœufs devant une toile de Raphaël (le peintre… pas le chanteur sans voix !).

    Heureusement la fête de la musique 2007 succombera de sa belle mort après quelques heures interminablement longues et les hordes mélomaniaques braillardes et manchotes sombreront à nouveau dans leur anonymat bien mérité pour une année durant laquelle elles ne manqueront pas d’aller faire soigner leurs acouphènes et changer les piles de leurs sonotones.

    Durant cette longue année d’autres feront à la musique une fête permanente… ils travailleront sans relâche, apprendront le solfège avec abnégation et répéteront sans fin leurs gammes jusqu’à tirer des sons acceptables de leurs instruments. Ils ne tireront aucune gloire des succès faciles et ne penseront pas que la qualité musicale se mesure nécessairement à la puissance des décibels. Ils n’attendront pas le 21 juin pour jouer et n’auront pas l’indécence de se produire devant un public sans être en mesure d’honorer le plus dignement possible les œuvres interprétées. Leur fête n’est d’ailleurs pas le 21 juin mais le 22 novembre ; c’est le jour de sainte Cécile, patronne des musiciens et fabricants d’instruments. Notre vraie fête c’est le 22 novembre : ce n’est peut-être pas la fête de la musique mais c’est en tout cas plus simplement la fête des musiciens.

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    P.S. : je tiens à vous signaler avec joie l'ouverture du blog de mon ami Nihed Mbarek, informaticien de génie et ancien pilier du club info+ de la faculté des sciences de Tunis : http://compilator.blogspot.com.

  • Sois le bienvenu

    Il y a quelques jours je t’ai appelé pour te souhaiter un bon anniversaire.

     

    Tu as 27 ans, mon petit Frère. Je n’arrive pas à le croire… Il faut dire que tu n’avais que 19 ans quand nous nous sommes rencontrés. Nous fréquentions quelques cours communs à la Sorbonne et une force mystérieuse nous a rapidement rapproché l’un de l’autre.

    Tu es le premier être que j’ai aimé comme un frère ; d’autres sont venus ensuite compléter ma famille recomposée mais il est certain que tu as gardé une place de choix dans mon cœur.

     

    Je voudrais te rappeler comment j’ai pris conscience de la force de ce qui m’unissait à toi. J’espère ne pas me tromper dans la succession des événements mais c’est un peu loin quand même !

    Cela a commencé un mercredi, au printemps 2000… avant d’entrer dans la salle de cours, tu m’as emmené sur le palier, au bout du couloir, pour te confier à moi. On se connaissait alors un peu mais sans plus et pourtant tu m’as choisi pour parler ; tu m’as expliqué ce jour-là que tu n’allais pas très bien et cela m’a bouleversé.

    Nous sommes ensuite entrés en cours. Au bout de quelques minutes, tu te sentais tellement mal que tu as demandé à notre prof si tu pouvais quitter la salle. Elle n’a pas compris ce que tu ressentais et s’est un peu moquée de toi, avec l’humour décapant qu’on lui connaît… j’étais triste de la réaction de notre prof et infiniment dérouté par ton comportement… tu es parti de la salle à toute vitesse et je me suis trouvé  terriblement angoissé parce que je ne pouvais pas te suivre, te parler et d’aider, en un moment où tu pouvais faire toutes sortes de choses insensées. J’ai juste eu le temps de te prier de m’appeler au téléphone.

    A cette époque, les moyens modernes de communication (internet et téléphone portable) n’étaient pas si répandus que maintenant. Mon numéro de téléphone fixe était le seul fil qui pouvait nous relier alors. J’ai attendu de longs jours ton appel. Mon trouble était profond et je me faisais un grand souci pour toi.

    Et puis tu m’as appelé… ce devait être un mardi d’avril ou mai 2000. Tu m’as parlé de ces crises d’angoisse qui t’affectaient, le tout étant lié en particulier à ton déracinement à Paris et à d’autres choses sans aucun doute.

    Je crois bien que ce jour-là je t’ai écrit une lettre, ma première lettre pour toi alors que tu venais juste de me donner ton adresse ; toi seul peut te souvenir ce que cette lettre contenait. Ce que je sais c’est que ma mère avait remarqué mon trouble et qu’elle m’avait dit que tu devais avoir beaucoup d’importance pour moi étant donné ma réaction dans cette situation difficile pour toi.

     

    La suite a été plus heureuse. Te souviens-tu de quelques-uns de ces petits moments passés tous les deux ? Le jour où nous étions dans un café de la place de la Sorbonne et où je t’ai demandé d’arrêter de fumer parce que j’avais peur de te voir mourir… le jour où on se cherchait désespérément du côté du métro Bourse, sans téléphone portable, et où on s’est miraculeusement retrouvé (j’étais tellement stressé que je t’ai demandé une cigarette, cigarette que tu as bien fait de me refuser)… nos confidences au bois de Montaigu où on refaisait le monde ensemble (sous la pluie)… ces nombreuses fois où je t’ai fait la surprise d’aller te chercher à la gare (parfois j’y allais pour t’attendre et tu ne venais pas)… ce que tes talents d'informaticien ont fait à plusieurs reprises pour sauver mes ordinateurs… des vers poétiques pour toi (j'essayais d'être poète, comme ton père !)... nos longues promenades dans Paris (parfois sans bien savoir où on allait)… notre café favori, l’un des moins économique du quartier latin (pour satisfaire notre côté non-conformiste)… il y aurait encore beaucoup à dire… 

     

    Aujourd’hui, tu vas découvrir ce blog pour la première fois parce que je me suis enfin décidé à te donner l’adresse… cela me fait drôle… cela t’étonnera encore plus… je te souhaite bonne découverte, bonne lecture… et je termine en te disant que je t’aime pour toujours, mon Nono, mon petit nesr.

     

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