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Culture

  • Déménagement du blog

    Et voilà mon nouveau blog a été officiellement inauguré avec une nouvelle note :

    http://roumientrelafranceetlatunisie.blogspot.com/2007/08/squoia.html

     Je vous rappelle que toutes mes prochaines notes seront publiées sur http://roumientrelafranceetlatunisie.blogspot.com/

  • Le Maghreb vu dans une tasse de bouillon de viande…

    Cette semaine j’ai décidé de ne pas vous ennuyer encore avec mes états d’âme alors je vais faire une parenthèse…

     

    Après la note consacrée récemment aux chromos du chocolatier Delespaul-Havez, j’ai décidé de varier les plaisirs gustatifs en évoquant cette fois le bouillon de viande Liebig… !

     

    La marque Liebig est née à Londres en 1865 ; elle porte le nom d’un grand chimiste allemand, le baron Justus von Liebig (1803-1873), auquel on doit diverses inventions marquantes telles que le chloral (chloroforme), sa « loi du minimum » (ou « loi de Liebig ») qui est à l’origine des techniques modernes d’amendement des sols, notamment à l’azote, ou encore la technique du fameux bouillon.

     

    L’entreprise Liebig, encore aujourd’hui fort active dans le domaine des soupes déshydratées ou liquides, a marqué l’histoire de l’alimentation industrielle en particulier avec ses bouillons, notamment celui de viande, mais encore avec sa célèbre bisque de homard ou plus récemment avec sa PurSoup’ qui, je l’avoue, a souvent trouvé grâce à mes papilles.

     

    Dès 1872, Liebig s’est lancé comme beaucoup d’autres groupes industriels dans la diffusion de chromos publicitaires permettant de fidéliser sa clientèle. Cette activité s’est développée jusqu’en 1975 et s’est traduite par l’édition de 1871 séries de chromos… nombre ô combien impressionnant !

     

    L’une des séries concerne les vestiges romains au Maghreb [références] sous un titre variable selon la langue de diffusion : en allemand il s’agit de Alt-Rom in Afrika (« La présence romaine en Afrique ») tandis qu’en français il s’agit de Vestiges de la domination romaine en Afrique, ce dernier titre étant moins neutre que le précédent et peut-être adapté à la clientèle française, en raison du protectorat français en Tunisie. Cette série se compose de six cartes contenues dans un sachet. Ici je vous présente la série allemande mais chaque série était traduite en diverses langues, celles des pays où les produits Liebig étaient écoulés. La série n'est pas datée mais doit à l'évidence être placée à l'époque coloniale.

     

    Sur la face principale de chaque chromo se trouve une grand illustration avec le titre de la série Alt-Rom in Afrika, suivi de la légende spécifique de chaque illustration. Dans un coin en bas on trouve également une petite vignette avec la représentation d’un produit de la marque Liebig et, dans un philactère, la légende Liebig’s Fleisch-Extrakt (« bouillon de viande Liebig »). Le produit vendu reste donc très visible sur ces chromos contrairement à d’autres où la publicité du produit est cantonnée au verso.

     

    Notre petite visite commence par les « ruines de l’antique Timgad », en Algérie. Elle se poursuit, en Tunisie, « dans les ruines de Carthage » puis à l’ « amphithéâtre d’El Jem (Tunis) ». Elle s’achève en Libye par « l’arc de triomphe de Marc Aurèle à Tripoli », « les tombeaux romains de Tolmeta » et enfin « l’ancienne citadelle de Cyrène ».

     

    Plusieurs éléments sont frappants. D’abord l’absence de site marocain. Il est vrai que le Maroc n’est pas le pays du Maghreb comptant le plus de vestiges impressionnants mais une vue du site de Volubilis pouvait convenir parfaitement à cette série.

    De même l’Algérie, avec l’unique site de Timgad, est peu représentée par rapport à la richesse de son patrimoine et de grands sites romains tels que Cherchell, Tipasa, Djemila, Tiddis, Lambèse-Tazoult, Annaba ou Tebessa… ; en outre la vue du temple semble quelque peu fantaisiste et pour tout dire je n’ai pu savoir de quel temple il s’agit… en tout cas manifestement pas ceux du forum ou du Capitole qui n’ont pas tant de colonnes remontées à l’heure actuelle.

    La Tunisie, avec deux sites parmi les plus emblématiques, l’aqueduc de Carthage et l’amphithéâtre d’El Jem, est représentée convenablement bien que l’impasse soit faite sur d’autres sites majeurs aux vestiges impressionnants tels que Dougga ou Sbeïtla.

    Enfin curieusement la Libye est la mieux représentée avec trois vues.Ce qui est frappant dans cet ensemble c’est le choix de monuments qui ne sont pas parmi les plus significatifs. Plutôt que l’arc de Marc Aurèle et Lucius Verus de Tripoli, on attendait plutôt une vue de Lepcis Magna ou Sabratha. De même, pour les deux site de Cyrénaïque, Ptolémaïs et Cyrène, on pouvait attendre des vues plus impressionnantes.

     

    Parallèlement à cela, toutes ces vues sont « animées » c'est-à-dire qu’elles comportent de nombreux personnages dont la plupart au premier plan et s’adonnant à des activités typiques des représentations orientalisantes : scène de détente pour des nomades à Timgad ; scène pastorale dans les ruines de Carthage ; campement nomade en bordure du village d’El Jem ; scène de marché dans la rue de Tripoli ; caravane de nomades à Tolmeta ; habitation de fortune au pied des ruines romaines de Cyrène.

    On y représente la vie des indigènes et plutôt celle des nomades que des sédentaires ; la  présence européenne est à peine visible à travers une construction moderne en arrière plan du temple de Timgad ou des constructions allongées à flan de collines à Carthage qui font penser au secteur de la primatiale Saint-Louis et du couvent des Pères-Blancs. L’urbanisme « arabe » est quant à lui présenté à El Jem, Tripoli et en arrière plan à Cyrène.

    Plus que la pertinence, la précision et le réalisme, le but de ces représentations est manifestement d’impressionner, de susciter une émotion, … Le côté grandiose et romantique des ruines y est pour beaucoup. A cela s’ajoute la dimension d’un temps tout à la fois en marche (dégradation des monuments) mais aussi suspendu puisque les indigènes semblent reproduire des gestes quasi millénaires. C’est une vision sublimée, quasi paradisiaque d’un environnement tout aussi fécond (verdure nourrissant les moutons, palmiers et source à El Jem, produits vendus au marché de Tripoli, palmeraie de Cyrène) qu’austère (la beauté austère des ruines de Carthage ou de Tolmeta)… La douceur et la simplicité de vivre est mise en avant (délassement des nomades à Timgad et El Jem, sérénité du berger).

     

    Le consommateur de bouillon de viande Liebig recevait donc, à travers ces vues saisissantes et soignées sur le plan esthétique, l’image de régions où tout semblait authentique – la nature et les hommes – et où l’héritage du passé apparaissait extrêmement fort : c’est dans ce type de création artistique que l’Européen, quelque peu déboussolé et nostalgique de modes de vie dilués dans les premières décennies de l’industrialisation, pouvait espérer entrevoir ses propres racines et cultiver les sentiments rassurants que procurent la contemplation du passé.

     

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  • Ouled Gabsi

    Plongée dans mon musée personnel…

    On y trouve quelques albums de photographies anciennes que je collectionne toujours avec un grand intérêt.

    Je tombe sur d’émouvantes photographies d’enfants prises par des touristes français en avril 1938 au sud de la Tunisie… dans l’oasis de l'antique Gabès, avec sa végétation caractéristique de palmiers-dattiers et son oued, canalisé notamment par le « barrage romain » au bord duquel on voit ces enfants se baigner…

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