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Blogosphère

  • Important : changement d’adresse du blog !!!!!!!!!!!!!!!!!

    J’ai l’honneur de porter à votre connaissance qu'à compter du lundi 13 août 2007 mes notes seront publiées à l’adresse suivante :

    http://roumientrelafranceetlatunisie.blogspot.com

     

    Je vous invite (si vous le souhaitez bien entendu ! :p) à mettre à jour vos liens et agrégateurs divers et variés en vous priant de m’excuser pour ce dérangement.

     

    Mon choix est motivé par divers désagréments que je rencontre lors de la publication des notes depuis fort longtemps - mais en grand stoïcien j'ai supporté aussi longtemps que possible l'adversité - ainsi que par le dérangement causé à certains lecteurs qui ont des difficultés à déposer des commentaires - je pense notamment à toi, mon p'tit A.

     

    Bref il était temps de prendre des mesures et j'ai donc entamé le transfert de mes anciennes notes vers le nouveau blog. Ce transfert se fera progressivement car je n’ai pas le temps de m’y consacrer pleinement dans l’immédiat. De même la présentation du nouveau blog sera temporairement peut-être un peu rudimentaire ; je ne maîtrise pas le langage informatique dédié à internet et je découvre les choses de manière empirique les manoeuvres qui me permettent ponctuellement d'élargir une colonne ou que sais-je encore.

     
    Pour ce qui est des commentaires, vous pourrez commenter mes anciennes notes soit sur l’ancien blog tant qu’elles n’auront pas été transférées ; une fois transférées, les notes ne pourront être commentées que sur le nouveau blog de chez blogspot.

     

    J’espère que ce déménagement progressif donnera à certains d’entre vous l’occasion de lire ou relire mes anciennes notes.

     

    Bonne lecture et à bientôt... ici où ailleurs, vous restez dans mon coeur.

     

    P.S. Eh oui, même pour une annonce de déménagement, je ne peux m'empêcher d'en écrire une tartine ! :p 

  • Un ange à l’épreuve de la vie

    Mon très cher ****,

     

    Le samedi 7 juillet 2007 vient de marquer le deuxième anniversaire de ton blog, ‘‘Mon enfer’’… délicieux jour de l’éclosion de l’arbre de tes pensées... arbre beau, fragile et troublant dont les fruits généreux délivrent à ceux qui savent les apprécier la connaissance de quelques unes des facettes de ton âme subtile et complexe.

     

    Que te dire en cet anniversaire qui, personnellement, me réjouit ? Mon admiration pour ton sens impressionnant de l’écriture ; tes pensées se nourrissent de lectures, expériences artistiques et émotives, qui donnent à ton regard un éclat incomparable. Mon admiration pour ta précocité intellectuelle – tu as à peine plus de 19 ans – qui nous offre depuis deux ans sur un plateau d’argent des écrits d’une remarquable maturité. Mon admiration pour ton courage, celui d’exprimer tes sentiments les plus intimes ainsi que ton identité homosexuelle, le tout avec la plus grande délicatesse qui soit.

     

    Ton blog, certainement beaucoup plus lu qu’il n’est hélas commenté, permet à beaucoup de reconnaître tel ou tel aspect de sa propre existence à travers ton propre vécu, grâce à ces mots si expressifs par lesquels ton cœur tente d’exorciser ses peines, ses doutes. Pour d’autres, simples « curieux » – espérant que cela soit au meilleur sens de ce terme – ton parcours est un témoignage poignant sur l’acceptation de soi et sur le regard des autres... un témoignage qui peut changer peut-être la vision de certaines personnes qui pensent à tort que l’humanisme pourrait être à géométrie variable selon l’identité de la personne que l’on a face à soi.

     

    Que te souhaiter ? Qu’espérer pour toi ? Ouvre grand tes yeux et respire à fond l’air qui nous entoure. Profite de la vie, de sa monotonie douce et de ses fantaisies inattendues, en dépit de tout ce qui nous tourmente parfois et nous éloigne temporairement du bonheur. La sagesse des ans est peut-être l’unique chose qui te manque encore ; elle nous aide autant que faire se peut à apprécier les instants éphémères où nos âmes sont comme en suspension dans l’Éther baigné par la chaleur du soleil. Cette sagesse, liée aux expériences de la vie, t’aidera progressivement à prendre confiance en toi. Quoi qu’il en soit, tu as été, tu es et tu resteras pour toujours un Ange à l’épreuve de la vie, un Ange exceptionnellement radieux en dépit des épreuves difficiles que tu traverses. Garde en toi l’espoir et sois assuré que tu pourras toujours compter sur ceux qui t’aiment.

     

    J’ai relu intégralement ton blog cette semaine… tout ce que tu as écrit depuis deux ans. J’ai essayé de choisir – épreuve redoutable – certains mots de toi qui me semblaient particulièrement significatifs de ce que tu es. J’espère que cela mettra autant que possible en valeur la grandeur de ton âme.

     

    Je t’embrasse très fort, mon cher ****. Prend soin de toi, mon Ange.

     

    Roumi

     

    **********************

    Quelques pensées de toi…

     

    « J'avais 12 ans lorsque j’ai découvert que je suis homosexuel (…). Au début, je me sentais déprimé (…). Un "phénomène" que je n’acceptais pas et que je rejetais à chaque fois, mais c'était plus fort que moi... (…). Et c’était comme ça pendant 2 ans, jusqu’à ce qu’un jour, au début de mes 15 ans, je découvre que je ne suis pas l’unique personne dans ce monde qui vit ce "mode de vie" insupportable. »

     

    « Je me demande parfois pourquoi les gens haïssent les homosexuels, si c’est une question de religion, la religion ne peut pas interdire l’amour. (…) le côté fantasme sensuel, c’est 100% naturel, quoi de plus beau que d’être emporté dans un courant d’amour, se sentir léger, goûter au plaisir magique de notre émotion la plus merveilleuse. (…) Les humains comprendrons-t-ils un jour que je ne suis pas aussi différent d’eux comme ils le pensent encore ? Que ma sexualité ne doit pas causer une rupture entre mon entourage et moi ? Dommage que Dieu est si aimable que chacun se croit le seul pouvoir obéir à ses ordres sacré. Moi, j’aime Dieu et je suis sûr que lui, il m’aime aussi (…). »

     

    « Je me sens si proche de toi, si loin de vous. Je me sens très à l’aise à tes côtés, très déprimé aux vôtres. Je suis perdu, perdu dans l’inconnu, dans l’immortel infini. (…) je me sens virtuel, un être sans pouvoir être, à moitié âme, et l’autre moitié est le vide qui sature mon coeur, un vide impitoyable, un énorme vide féroce, carnivore, qui ne cesse de dévorer mon coeur, mon coeur si faible qu’il ne peut contenir que du sang, du sang mort, périmé, noir. (…) je ne me sens avoir pu exister, je me sens nostalgique, exterminé du monde, loin de vous, si loin de vous, très loin, trop loin... Pourquoi, pourquoi... pourquoi moi ? (…) Je suis dans la confusion, la plus dure des confusions, mon unique confusion, mon éternelle réflexion... »

     

    « J’ai un faible pour les mots durs ; les gens ignorent qu’une simple phrase, de deux mots, risque d’être une arme. Ils l’utilisent juste pour se faire remarquer, qu’ils ont tué une personne allergique aux mots fragiles. »

     

    « Je ne sais plus où je suis avec l’histoire de ma vie que je me racontais depuis toujours. »

     

    « Chaud, le son de ton salut, vibrant, ainsi, lumière... couleur de tes paroles. Un cauchemar de bonheur, illusion réelle et espoir enterré. Moment de magie et de solitude, instant d’or et de peine, mon corps frissonnant et mon cœur altéré. Pourquoi toute cette histoire ? Pour un simple humain ? J’ai à peine senti mon vide se remplir et te voilà, sorti de nulle part, débouchant mes veines et me rappelant à chaque fois que tu es le seul à pouvoir me rendre la vie. »

     

    « Depuis mon enfance, mes seules croyances étaient l’art, la beauté de la nature et l’effet de l’amour. Ainsi, en prenant ces trois éléments comme la base de ma vie j’ai pu remplir un certain vide en moi pour répondre à l’absurdité de mon existence. J’ai commencé alors à haïr tout ce qui s’oppose à ma religion à moi et j’étais en quelque sorte l’athée qui cherchait à croire en quelque chose qui pourrait combler son vide et éteindre la flamme de ses haines. Ce matin, j’ai vu la religion dans toute sa beauté, avec l’amour qu’elle pourrait contenir et la perfection d’une poésie sacrée. »

     

    « Chaque jour, je sors dans l’espoir de croiser la vie sortir de chez elle. »

     

    « J’ai pas choisi le silence, c’est lui qui me court après depuis le jour où j’ai découvert tout ce bordel, le jour où j’ai découvert qu’il existe du monde qui me hait au point de jouir en me regardant mourir lentement, car je n’ai pas "obéi" à leurs lois, à leur société et à la religion de chacun d’eux. »

     

    « J’ai envie de plus en plus d’en parler à mes amis et surtout à ma meilleure amie, elle est toujours à mes côtés, et on partage beaucoup de choses ensembles, on est presque tout le temps tout les deux que certains (les plus cons lol) croient qu’elle est ma petite amie ! Mais elle est loin de l’être bien sûr, j’aime sa compagnie car je trouve en elle des choses que j’ai tant cherchées chez d’autres (…) Mais si elle me paraît bien tolérante et amicale ça ne veut pas dire forcément qu'elle pourrait me comprendre aussi facilement ! Elle risque de ne plus me parler pendant un long moment voire pour jamais dans les pires des cas !! Elle penserait que j’ai dû tout lui raconter depuis le début, que je suis un menteur et que c’est "dégoûtant" de le savoir maintenant ! J’hésite encore, mais j’ai presque un peu peur d’une réaction négative. Comme si j’ai confiance en moi et en elle et comme si je n’ai pas d’autre choix. C’est vrai, je dois le faire tant que c’est encore le temps, on est intime et fidèle, rien de plus bonnes conditions pour le faire, je dois avouer que ça va être un choc terrible pour elle (la pauvre lol) mais bon! Un petit moment "critique" pour une éternité moins "critique" :). »

     

    « Je n’ai pas le génie de Baudelaire pour décrire le noir qui est en moi ni le talent de Zola pour immortaliser le visage que j’ai de toi, mais je peux une chose, j'ai l’âme prête pour toi, le cœur vibrant, criant de toutes ses forces qu’il te chérira pour l’éternité, et moi là comme ce soldat malheureux craignant le début de la guerre j’ai peur. Faible et fatigué toujours à cause de mon destin. Et mes sentiments se bousculent, car j’ai hâte de vivre. Je t’imagine capable de me rendre heureux, plein de tendresse et d’amour, comme si tu le feras pour l’élu(e) de ton cœur. Je m’imagine à tes côtés sentir le teint de ton visage et les battements de ton cœur, comme jusqu’au levé du soleil. »

     

    « Je n’arrive qu’à voir tes yeux au milieu des autres, des yeux d’anges, des yeux d’amour. Ça me fait jouir, je me sens heureux, ... pour l’instant. Tu es loin. Tu l’es toujours. Approche ! Regarde moi ! Écoute ! Écoute cette âme en train de mourir, entends-tu sa voix ? N'aie pas peur, ne regarde que moi, oublie les autres et fais moi rêver avec ta douceur. Mets ta main sur mon visage, regarde le comme il devient à mon âge, un visage. Laisse moi respirer ton odeur, l’autre air n’a pas d’effet sur ma douleur. Je veux sentir la chaleur de ta peau et la magie de tes mots, des mots d’amour, des phrases d'amour ! Quoi encore ? Qu’attends-tu à le faire ? Fais le pour moi, je t'en pris car je t’aime ! Attends, ne me laisse pas au bord de mon extase !!! Où es-tu ? "Venez, chère grande âme. On vous appelle, on vous attend". »

     

    « Tu me regardes, tu me vois. Vois-tu autres choses ? Vois-tu au moins l’ombre de mon âme à tes côtés ? ... l’image de ton visage dans mes profondeurs ? ... le reflet de mon coeur dans mes yeux ? Peux-tu voir un être sans être, un quelqu’un sans pouvoir, un garçon désespéré, perdu, confus, morose ?! Peux-tu sentir ma mort? Sentir cet esprit dégoûté par la vie après toi, déjà, avant de l’avoir vécu !? »

     

    « Je suis l’esclave d’un inconnu tombé du ciel. Je suis la bête d’un méchant dresseur. Je suis la victime d’un féroce. Je suis la cible d’un éclair. Je suis le reflet du noir. Je suis un perdu écroulé. Je suis la feuille grise d’un érable. Je suis la demeure de l’adversité. Je suis le nuage racorni. Je suis un néant étouffé. Je le suis parce que je t’aime, encore, et rien au monde ne pourra m’empêcher à être ce que je suis. Je suis le déterminé à se sacrifier juste pour te voir. Je consomme ce qui me reste d’espoir à vivre sans toi. Je tue la convoitise qui me tue. Je sauve mes émotions, ma sensation, mes sentiments lorsque je te vois. Je garde l’effet de ta main sur la mienne. Je perds l’espoir de gagner, mais j’ai pu remplir un vide irremplissable, tuer un mal de solitude, ruiner ma déficience. »

     

    « Je m'allonge sur mon lit avec l'espoir de le voir devant mes yeux fermés. Je vois son sourire et son allure s’éclaircir, la lumière le love, c’est irrésistible ! Il me sourit comme toujours, avec le même sourire. Un regard, puis un signal, un salut. Ça me rend mon âme, l’âme qu’il me prend chaque fois que je le quitte des yeux. Il me rend mon espoir et mon envie. Il me rend ma force et ma résistance. Il me rend mon être et ma personne, il me rend ma vie, il en fait une autre beaucoup plus belle, plus douce et tendre. Il l’ignore. Il ignore qu’il est la source de ma vie. Le matin, il est la première chose que j’y songe – la nuit il demeure cette chose. Il a réussi à me faire perdre la tête et le goût de la vie. Ô ma vie ! Que seras-tu après lui ? Un rien ? Oui je sais, il le faut ! »

     

    « La lumière de tes yeux accompagne encore et encore ma mémoire, ton odeur mon nez, ta peau mon corps, ... je ne peux vivre une seconde sans penser à toi, sans retrouver ces moments si délicieux que j’ai passés à tes côtés, sans sourire à peine que je trouve l’ombre de ton image devant mes yeux. Mes amis me regardent, je les regarde, je te regarde, je te contemple, comme un dieu au milieu de l’univers, rien ne vaut ta présence devant moi, rien ne vaut ce sourire que tu me "jettes" de temps à autre, comme si j’étais... quelqu’un. (…) je suis près à mourir pour te prouver mon amour, rien de plus. Je suis fou ? Je sais. »

     

    « J’ai réussi à déjeuner avec lui, ce n’était qu’une courte demi-heure, mais elle était surtout une merveilleuse demi-heure, je n’ai réussi qu’à jeter quelques mots, comme ça, sans contexte, juste pour entendre sa voix, une voix plus douce que la soie elle-même, une voix d’ange, peut-être, mais ce qui est sûr c’est qu'elle est une voix magique, séduisante, même plus, cruelle. Elle m’avait conduit à l’interdit, à lui tout révéler, tout, d’un seul coup...! J’ai choisi de jouer le tout pour le tout, et j’ai bien fait, ou presque, j’ai au moins pu voir son beau visage, son corps viril, et admirer son sourire ensorcelant. Il était gentil avec moi, mais je crois qu’il s'en fichait de ce que je ressens, putain. »

     

    « Je me lève le matin avec la même pensée dans ma tête, le voir, lui parler. Je me prépare en supportant péniblement la routine obligatoire du matin, de tous les matins. (…) J’arrive, déjà en mauvaise humeur, y’a plein de monde, mais je ne vois personne, il n’est pas encore arrivé... Mes amis me parlent, je fais semblant de les écouter, je ne suis pas avec eux, je suis avec une autre personne, moi-même, ils ignorent tout ce qui se passe dans ma tête qui est sur le point d’exploser à cause de lui, le con. Souvent je me demande, pourquoi lui ? Ah, putain, il est là derrière moi, depuis quand ? Je ne l’ai pas vu arriver ; merde, je ne peux pas lui parler il est avec ses copains ; c’est pas grave, je le vois, au moins. (…). »
  • Souviens-toi avec moi...

    Il y a un an, le 2 avril 2006, j’ai supprimé le texte initial d’une note intitulée jeudi 30 mars 12h25-17h10. Cet acte radical de suppression n’était pas un caprice de ma part mais plutôt le fruit d’une souffrance, celle de pensées déplacées qui étaient venues salir ce texte pour me blesser ainsi que l’être cher dont je parlais.

    Ma note relatait initialement une belle rencontre, un beau jeudi de la fin mars 2006... cinq heures inoubliables d’une vie que l’on a consacrées à discuter et à se promener. C’était ma première rencontre avec un bloggeur, mon premier « meet up », à peine deux mois après mon entrée sur la blogosphère et trois semaines après l’ouverture de mon blog.

    J’aurais certainement laissé ma note initiale si j’avais eu plus d’expérience mais à ce moment là je n'ai pas su réagir avec suffisamment de force et résister à ces attaques en maintenant ma note. Depuis un an, je n’ai cessé de penser à cette erreur de jeunesse blogosphérique que j’ai regrettée.

    Je n’ai jamais cessé d’apprécier cette note et plusieurs de mes proches amis ont eu l’occasion de la lire avec toujours beaucoup d’émotion, selon leurs dires. Je me suis donc décidé à republier cette note initiale aujourd’hui, tout juste un an après l’avoir effacée pour être en paix avec moi-même.

    Après une année écoulée, je n’ai rien oublié.... Souviens toi avec moi...

     

    ******

     

    J’arrive sur le lieu de notre rendez-vous. J’ai fait vite ; je n’arrête pas de regarder ma montre. Mon cœur bat. Que m’arrive-t-il ? En fait, je t’attends… je suis inquiet, angoissé… C’est idiot, je n’ai pas à avoir peur de Toi… mais tu sais bien à quel point je suis timide !

    L’idée que je vais enfin te rencontrer me rend fébrile… J’ai peur… peur de te décevoir, peur de ne pas être à ta hauteur… J’ai envie de te montrer vraiment qui je suis, en toute sincérité, avec l’espoir que tu seras satisfait. Je ne devrais pas avoir peur… en fait on ne s’est jamais rencontré mais on se connaît déjà bien ; on incarne, Toi et moi, une sorte de miracle de la blogosphère !

     

    Ah, ça y est, tu arrives… Je te vois arriver de loin. Je sais que c’est toi, même si je ne t’ai jamais rencontré. Moi je suis caché dans le jardin, derrière la grille d’entrée : tu vois bien comme je suis timide ! Tu traverses la rue ; je te vois te rapprocher. Je m’angoisse encore ; je regarde un peu par terre pour chasser cette angoisse… et puis je lève la tête parce que tu es presque arrivé et que tu m’as aussi reconnu.

    On se regarde. Eh oui, c’est bien nous, y’a pas à dire, c’est bien nous ! On se serre la main ; on s’embrasse. C’est un des plus beaux moments de ma vie, j’avoue (maintenant, quand j’y pense, ça me donne des larmes). J’avoue qu’à ce moment, j’ai encore peur mais en quelques minutes cette peur s’efface totalement tellement tu es gentil, simple, tellement tu ressembles à l’ange que j’avais imaginé dans nos conversations.

     

    Le reste – notre discussion de trois heures au café et notre petite promenade – je vais la garder pour nous ; nous avons parlé de beaucoup de choses et surtout de la Tunisie. Le temps était comme suspendu ce jeudi 30 mars entre 12h25 et 17h10. Le temps s’était arrêté pour nous laisser le temps d’apprécier ce moment si exceptionnel et si bouleversant. Mais voilà, le Temps s’est remis soudainement à défiler et il fallait que l’on reparte chacun de notre côté… tu as pris le train vers le sud… et moi vers le nord. Ce moment de grâce s’est arrêté ; je suis parti avec des sentiments multiples : une très grande sérénité, l’impression que j’étais dans le ciel avec toi et que, après ton départ, je continuais à voler, à me sentir si léger ; une certaine tristesse d’avoir dû te quitter sur ce quai de gare en sachant qu’il me faudra sans doute attendre un mois pour te revoir ; un sentiment d’incrédulité, cette sensation qu’une chose incroyable vient de m’arriver, que je viens de concrétiser une nouvelle amitié et que je n’arrive pas à y croire tellement c’est beau ; un certaine peur, la peur de te perdre ; la satisfaction d’avoir agi avec toi conformément à la vision qui guide ma vie.

     

    Ton amitié est l’un des biens les plus précieux dont je dispose ; je te conserve pour toujours dans mon coeur. Tu es avec moi partout où je suis.

     

    Petit Ange, tu as rejoint ma famille, tu as rejoint mes frères et je t’aime comme mon petit frère.