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Quelques pensées ferroviaires...

J’arrive près de la gare. Tu es assis sur un banc. Tu m’appelles… par mon prénom : « ****, je t’ai reconnu ! ». Je tourne la tête vers toi et je te regarde avec étonnement : « moi aussi, °°°°, je t’ai reconnu ». Je t’offre mon plus beau sourire, le visage illuminé. Je songe en moi-même… « Comment connaît-il mon prénom ? Comment s’en souvient-il ? »

On se connaît de vue… on était dans la même école… mais c’est si lointain ! Et on ne risquait pas de partager trop de temps ensemble : ta famille est l’une des plus « connue » du quartier… Entre ta mère qui est morte d’overdose et ceux de ta famille qui ont fréquenté la prison pour trafic, on peut dire que tes chances d’avoir une jeunesse structurée étaient faibles… et donc les chances pour que nous soyons socialement en contact étaient faibles, vue l’éducation stricte que j’ai reçue. Tu avais parfois de gros billets de banque dans tes poches… on te faisait faire les livraisons, sans doute. Pendant des années nous ne nous sommes pas du tout vu alors qu’on habite dans ce quartier depuis toujours.

Cela étant dit, il y a une chose qui attire systématiquement mon attention et ma bienveillance… la mémoire ! Que quelqu’un m’appelle par mon prénom et je vais vers lui, quelque soit l’idée que je peux avoir de lui. Malheureusement je n’ai pas pu m’arrêter pour discuter avec toi car je devais prendre mon train… j’espère te revoir… j’aimerai parler un peu avec toi… savoir ce que tu as fait… savoir s’il te reste encore quelques espoirs… te rappeler l’importance de la liberté… je te parlerai si tu es seul… mais si tu es avec tes copains un peu louches, je n’oserai jamais discuter avec toi…

 

Cousine, on s’est longtemps cherché à la gare de Lyon… on a presque mis autant de temps à se trouver dans la gare qu’il ne t’en faut pour faire le vol Tunis-Paris ! On attendait tous les deux au « bon endroit », à l’entrée de la voie A , devant la boutique de restauration rapide Pomme de Pain… Je t’avais donné ce point de rendez-vous, pensant qu’il serait le plus commode possible pour chacun de nous… une totale réussite !

Appel téléphonique au bout d’un quart d’heure après l’heure initiale du rendez-vous :

- Tu es où ?

- Comme on a dit… à l’entrée de la voie A , devant la Pomme de Pain ! Et toi ?

- Moi aussi je suis à l’entrée de la voie A , devant la Pomme de Pain !

- Ah bon ? on devrait se voir alors !

- Oui.

Cinq minutes plus tard, nouvel appel téléphonique :

- Apparemment il y a un problème ! Tu es bien à l’entrée de la voie A , devant la Pomme de Pain ?

- Oui.

- Ah…

Ce petit jeu a duré encore un petit moment jusqu’à ce qu’un mot anodin nous fasse comprendre qu’on était chacun à une entrée de la voie A … moi à l’entrée en surface… et toi à l’entrée souterraine en milieu du quai de la voie A … et comble de bonheur, la gare de Lyon est infestée de magasins La Pomme de Pain, ce qui fait que les deux points distants où nous étions répondaient à la description du point de rendez-vous que j’avais fixé… 

Arghhhhhhhhhhhh… quel cauchemar… heureusement tu es patiente et moi de même… et par la suite tout s’est bien passé et nous avons bien profité de nos promenades dans Paris.

 

Je suis dans le train… presque arrivé chez moi… je te regarde au loin comme je regarde tout le monde… ma curiosité… tu es un beur de banlieue… tu n’es pas assis mais tu circules dans le wagon… Tu viens finalement t’asseoir non loin de moi… je dirige mon regard vers toi, histoire de regarder ce que tu comptes faire. Il y a en banlieue cette sorte de regard animal que l’on se jette tous, à l’affût des gestes de l’autre. Après avoir croisé ton regard, il s’avère que tu m’as l’air parfaitement pacifique donc je retombe dans mes propres pensées.

Mais brusquement tu te retrouves assis à côté de moi… je dirige à nouveau ton regard vers toi Je suis un peu étonné… inquiet aussi. Je comprends que tu as fait une sorte d’approche progressive. Dès que nos regards se croisent tu prends un air étrange… tu cherches à attirer ma compassion avant même d’avoir ouvert la bouche. Déjà je me dis en moi-même « Toi, tu as quelque chose à me demander ? ». Et tu me parles enfin : « Mon frère, il me manque 50 centimes pour m’acheter un sandwich… ». Je souris… je sais déjà que je vais te donner la pièce… tu m’as déjà conquis par ton talent maladroit de comédien ! Je ne peux m’empêcher de te taquiner : « Tu es sûr que c’est pour acheter un sandwich ? ». J’aimerais simplement que tu me dises la vérité et que tu n’ailles pas dire ensuite « je me suis bien foutu de sa gueule » ; tu insistes avec ton histoire de sandwich pas du tout crédible… je suis un peu déçu… j’étais prêt à te donner le double de ce que tu m’a demandé (= un euro) si tu m’avais dit la vérité… tant pis pour toi alors… je te donne juste les 50 centimes que tu m’as demandés ! J’ai droit aux remerciements d’usage, toujours avec la même mine piteuse « merci mon Frère ».

Je t’oublie vite, songeant que j’ai certainement contribué à t’encourager dans un vice tel que le tabagisme… les mendiants du tagabisme sont devenus légions ces dernières années… on me réclame sans arrêt des cigarettes et moi je réponds toujours comme un idiot « je suis désolé… je ne fume pas ». « Je suis désolé »… voilà, c’est moi qui me sens obligé de présenter des excuses parce que je n’ai jamais fumé une seule cigarette de ma vie… le monde à l’envers… !

****************

Je te dédie cette note, mon très cher Marou, à l’occasion du premier anniversaire de ton blog, le bien nommé port des idées fuyantes, ce mercredi. Modestie, gentillesse, culture, sensibilité, tolérance, poésie, fidélité, tendresse, grandeur d’âme, … quelques mots qui me viennent à l’âme en pensant à toi, mon Ange.

Tu as écrit régulièrement des notes intitulées « à bon entendeur » dans lesquelles tu cites de grands auteurs. Permets moi aujourd’hui de citer deux extraits de ton propre blog… anciens mais qui correspondent parfaitement à ce moment symbolique où une année s’achève pour faire place à une autre :

 

Pour renaître il faut d’abord mourir. Il me faut réécrire mes lignes, redéfinir mon être et réinventer mes sens. Ce vide en moi que j’essaye depuis très longtemps de remplir avec des mots, des connaissances et des idées n’a besoin que d’une seule chose ; d’une âme. (…) Alors pour renaître, [mon autre moi] doit mourir et c’est à moi qu’incombe la tache de le tuer ; lui arracher la vie comme si je m’arrachais une épine vénéneuse.

 

Si un jour je meurs / Plantes au-dessus de ma tombe un arbre / Car je ne veux pas de lettres de marbres / Et n’y déposes jamais de fleurs // Je veux que ma couche soit vivante / Que tu viennes y chercher de l’ombre / Pleurer tes heures sombres / Et me chanter des berceuses charmantes // Je veux que ma couche soit grouillante / Que le rouge-gorge y trouve un nid / Me raconte ses infinis / Et dissipe mon fantôme qui te hante // Si un jour je meurs / Ne me laisses pas glisser dans le silence / Mais joues moi les musiques de l’absence / Et racontes moi les tourments de ton cœur // Quand tu auras planté l’arbre sur ma chair / Et qu’après l’hiver il eut fleuri / Je veux que tu manges de ses fruits / Et que tu en offres à ceux qui te sont cher.

Commentaires

  • 3asléma Roumi :)
    moi quand quelqu'un me demande du feu ou une cigarette je répond avec un large sourire : désolé pour TOI...je fume pas ;d

  • quelle idée de donner un RDV dans une gare une station de métro c bien plus simple ;)

  • @SAFOne : aslama mon petit Safounet. :) Je te remercie pour ton conseil très judicieux ; tu as parfaitement raison. Le problème c'est que mes parents m'ont éduqué de telle sorte que je m'excuse constamment même quand ce n'est pas de ma faute. :) Si quelqu'un me bouscule, je vais m'excuser également. :)

    @cameleon : oui effectivement les stations de métros sont plus petites et donc c'est plus simple de se donner rendez-vous sur un quai de métro... d'autant plus qu'on n'y trouve pas La Pomme de Pain et qu'il n'y a donc aucune confusion possible ! Merci du conseil ! :)

  • bonjour roumi
    c'est tjs avec un grand plaisir que je lis tes posts
    j'aime bcp ce que tu fis et la manière dont tu le fais
    bonne journée et à bientot

  • que ce passe t'il avec tes commentaires?
    j'ecris plien de choses mais rien n'est publié??!!!!
    mystère et boule de gomme :)
    tiens moi au courant
    merci

  • coucou cher ami !
    tres touchant ton txt !!
    a bientot

  • @mariouma : merci pour ton passage ici et tes encouragements. J'avoue ne pas très bien comprendre le problème que tu as avec les commentaires. en tout cas sois assurée qu'il n'y a aucun filtre ni aucune censure sur ce blog [sauf cas de force majeur mais enfin je ne pense pas que tu entres dans une catégorie "à risque"] ! :) Donc je ne sais pas trop pourquoi ce que tu écris n'apparaîs pas. Je n'ai pas ce problème, sauf exception, et je n'ai pas eu de multiples plaintes à ce sujet jusqu'à présent alors j'espère que cela ne t'arrivera pas trop souvent. Ce que tu peux faire, dans un premier temps, c'est essayer d'utiliser un autre navigateur. Je crois que tu utilises Firefox, non ? Dans ce cas, essaie d'utiliser Internet explorer pour voir si tu rencontres le même problème ou non.

    @ulyssen : bonjour mon cher Habib. Je constate avec un certain plaisir que même en vacances, tu n'as pas délaissé ton ordi. :) Merci pour ton passage mon Grand et à bientôt. :) Repose toi bien en attendant... Cueille le jour... savoure l'heure... car le temps s'écoule vite.

  • mon cher roumi!
    tout ce que tu ecris repire la bonte, la douceur et la sensibilite!
    je ne me lasse jamais de te lire! des fois, je me demande si je ne suis pas entrain de visiter l'espace d'un ange qui vit avec nous une experience terrestre qui n'est pas du tt rose tous les jours :)))
    continue a nous faire plaisir et a etre tel que tu es!

  • @erana : bonjour. :) merci pour ton commentaire sympathique.
    Pour ce qui est de l'ange qui vivrait une expérience terrestre, c'est exactement cela ! C'est ce que je ressens depuis toujours. Je ne me suis vraiment senti à ma place nulle part jusqu'à présent mais enfin il faut croire que cela ne m'empêche pas de vivre relativement heureux. :)

  • tu n arrete pas de mr faire pleurer t un ange sur terre à chaque jour g peur de lire ce que tu ecris g peur de pleurer de plus en plus c difficile de comprendre pourquoi mqis c vraimen la verité je suis tres emu je sais qu en lisant je peux pleurer facilement mais pas ce poit je ne cesse pas à penser à t paroles ca me touche au fond du coeur ca me laisse decouvrir d choses an moi qui ont été cachées t doué vraiment je te remeci merco merci merci

  • @kahlouchaa : j'espère quand même ne pas toujours te faire pleurer même s'il s'agit sans doute plus de larmes d'émotion que de tristesse. :)

  • ne t en fai pas pour mes larmes ces un melange de tristesse et d emotions mais bon je sius trés sensible mais pas plus que toi je pense et c tres beau ce que tu as ds le coeur, merci encore

  • Moi aussi j'ai le même problème que marioumadebariz concernant les commentaires et çà m'énèrve !!!
    à chaque fois j'écris un long commentaire... j'enregistre et rien n'appait ...
    je m'énerve, je résiste à la tentation de casser l'ordi puis je quitte le blog et j'écris plus rien !!
    d'ailleurs c'est pas ce commentaire que je voulais laisser mais il m'a fait le même coup et il m'a effacé le commentaire (il : l e blog ou hautetfort ou le navigateur ou je c pas ki)...
    bref ...
    A+

  • @mejhoul : je suis vraiment désolé mon petit. :( Vraiment très désolé. :(( Tu sais que je ne suis pas informaticien alors je ne sais pas trop ce qui se passe et comment faire. :( Je vais essayer de me renseigner.
    En tout cas je te remercie pour ton passage. ça me fait chaud au coeur vraiment.
    a plouch.

  • Enfin un conseil quand même...
    parfois le commentaire n'apparaît pas juste après l'avoir écrit et appuyé sur le bouton "envoyer". Si on appuie juste après sur le bouton "actualiser la page" il apparaît... ça marche assez souvent. C'est tout ce que je peux dire pour l'instant avec mes connaissances si faibles en informatique. :(

  • coucou Roumi ! (coucou ensoleillé ^^)
    j'ai bien aimé le post :)
    personnellement, je déteste les gares, je prends un tel plaisir à voyager, surtout en TGV, que la rupture m'est dure à supporter ..
    je déteste les gares aussi parce qu'il y a trop de gens qui s'embrassent, et ça me chagrine, parce que j'y suis souvent seule..
    je déteste aussi les aéroports, pour les mêmes raisons
    par contre les stations de métro, c'est mon amour d'endroit ^^ il y a tellement de monde, tous très pressés, qui se flirtent, se frôlent, se touchent, et continuent leur chemin en solitaire; je trouve ça trs beau
    bref :)
    mabrouk le nouveau blog (au fait, j'ai adoré le PS de l'autre post :D)
    et bisous tout chauds tout bronzés ^^

  • @h&m : merci pour ton message. :)
    Moi aussi je me sens souvent seul dans les gares mais je les adore... parce qu'elles sont une invitation au rêve d'ailleurs, ... les aéroports je n'aime pas trop mais bon c'est parce que j'aime pas trop les avions... sinon l'idée du vol je l'aime beaucoup mais simplement je n'aime pas penser que je suis moi-même dans l'avion. :)
    Pour ce qui est du métro, je l'adore aussi... je vais dans le métro comme un visiteur dans un musée. :)
    Gros bisous... pas très chauds et pas très bronzés : on est en automne à Paris ! :p)

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