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  • D'un poème à un autre

    En lisant l’une des dernières notes d’Aziz, consacrée à un ouvrage de photographies aériennes de Tunisie, j’ai employé l’expression « poème muet » pour désigner ces vues si évocatrices ; je songeais alors à une expérience aussi ludique qu’artistique consistant à écrire un véritable poème inspiré de l’une de ces photographies, pour en somme passer d’un poème à un autre.

    J’ai regardé longuement mes deux livres de photographies aériennes de Tunisie. Le choix de l’image a été difficile tant elles sont toutes séduisantes ; je laissais mes yeux et mon âme choisir... ou peut-être bien la photographie me choisir elle-même. Soudain ce que j’espérais s’est produit ; l’une de ces photographies m’a saisi au détour d’une page. Il s’agit d’une vue prise dans la région de Medenine. Fort heureusement, ce choix me permet de m’éloigner un peu cette fois de la mer, qui a inspiré déjà plusieurs de mes poèmes.  En route donc pour le sud !

    Message personnel à Aziz : Je suis désolé, mon cher Aziz, mais on ne descendra donc pas tout à fait jusqu’à Douiret comme tu l’espérais ; on n’en est cependant pas très loin, quelques dizaines de kilomètres tout au plus, et j’espère que tu es malgré tout satisfait du choix de la photographie ; l’étincelle créatrice étant venue de ta note, je me fais un plaisir de te dédier ce poème.

     

    Délicatement apparaît un poème muet,

    Qui diffuse dans les yeux mille reflets,

    Eclats d’une source d’intense bonheur,

    D’un souffle de l’air caressant le cœur ;

    Le vide devient le plein et tout évoque

    Ici un singulier dépouillement baroque.

     

    Rehaussé de pourpre et d’or s’étend

    Un tapis semé de cailloutis ardents,

    Terroir austère cerné par les monts,

    Paradis rêvé des oueds vagabonds

    Qui esquissent de charmantes rides

    Avec le hasard pour unique guide.

     

    Incarnation d’une absolue solitude,

    Présage d’une heureuse béatitude,

    Un sépulcre à la couleur de chaux

    S’accroche au roc, modeste joyau

    Qui recueille d’un saint les mânes

    Protectrices d’antiques caravanes.

     

    Seul souverain de cet océan désolé,

    A l’horizon duquel est consommée

    La belle noce du Ciel et de la Terre,

    Le regard de ces grâces se désaltère

    Et savoure à l’infini cette ambroisie

    Elevant l'âme de l'enfant de Tunisie.

     

    medium_poeme_muet.3.jpg

    Cette photographie est extraite du magnifique ouvrage de Mohamed-Salah Bettaïeb, Mrad Ben Mahmoud et Viviane Bettaïeb, La Tunisie vue du ciel, Editions du Layeur, Paris, 2006. Ce livre présente en 240 pages de sublimes panoramas qui permettent de parcourir de manière originale les différentes régions de la Tunisie, révélant la variété époustouflante de ses paysages, la diversité si riche du relief, de la végétation et du mode d’occupation humaine des sols. Outre le choc émotionnel et artistique que peuvent représenter ces photographies, les yeux sont envahis par une merveilleuse palette de couleurs. La Tunisie vue du ciel est source tout autant de souvenirs que de rêves ; ouvrir ce livre loin de Tunisie est un plaisir et même une nécessité en ce qui me concerne pour garder un lien physique, ici visuel, avec cette terre tant aimée. La lecture de cet ouvrage est chaudement recommandée à chacun.

  • Vois comme la vie est belle

    Que retenir de cette semaine ? Beaucoup de choses... des petites choses qui comptent beaucoup... des grandes choses qui comptent peu... des mots lus ou entendus... des gestes... une semaine avec l’amour des autres pour me faire vivre... une sorte de transfusion permanente et indispensable... mon cœur ne doit jamais se vider...

    Ton âme était à vif... la mienne aussi... je voulais t’aider... je ne savais trop comment faire, étant si loin de toi... j’ai écrit ce poème pour toi mercredi soir... je n’avais jamais pensé t’écrire un poème auparavant... je t’ai envoyé ce poème par mail... tu l’as apprécié... je souhaitais te montrer mon attachement et ma présence morale dans cette période difficile pour toi... Je pense à toi... fais reculer tes angoisses et fais triompher tes espoirs...prend soin de toi, mon Grand...

     

     

    Mon Ami, tu es resté cet enfant triste,

    En qui les doutes toujours persistent.

    L’aube naissante toujours te délivre

    De tes peurs et te fait un peu revivre ;

    Tu désires jouir enfin de l’existence,

    Te donner ainsi une seconde chance.

    Pourtant tu es fréquemment rattrapé

    Par le côté ténébreux de tes pensées.

     

    Tu bouleverses mon âme et mon cœur,

    Me rappelant mon enfance et ses heurs,

    Et tout le cortège de ce qu’on peut fuir

    Après une jeunesse passée dans la nuit.

    Tu passes du rire aux chaudes larmes,

    D’une paix sage à de si vives alarmes,

    Du goût à l’indigestion de l’existence,

    Du plein heureux à l’absolue absence.

     

    Ton équilibre se crée jour après jour

    Grâce à ce que l’on te donne d’amour.

    De toute chose il faut savoir savourer

    Chaque instant qui pourrait t’apaiser,

    Cultiver l’appréciation du juste milieu

    Et rendre à ton regard l’éclat radieux

    Qui lui manque parfois quand domine

    La crainte d’un retour à tes origines.

     

    Sois confiant, serein, regarde l’avenir :

    Il te gratifiera de ton meilleur sourire.

    Crois en toi et crois en nous, tes amis,

    Qui réveillons ton doux cœur, endormi

    Par les siècles de tes années passées,

    Et qui l’aidons dans sa rude traversée

    Où tout et son contraire s’entremêlent :

    Mon Ami, vois comme la vie est belle.
  • Je reviens de Tunisie

    Cette semaine de février j’étais en Tunisie. Cela faisait bien longtemps que j’attendais ce moment de grâce et c’était donc un grand plaisir pour moi d’y retourner, de faire ce retour à une part des sources de ma vie. J’ai essayé de profiter au maximum de ce court séjour en voyageant autant que je le pouvais.

    J’avais pris un billet pour l’aéroport de Tunis et donc c’est là que j’ai résidé l’essentiel du temps. Je me suis bien promené tant à Tunis même, dans la medina, qu’à Carthage ou encore à l’Ariana. Il ne faisait pas toujours beau la semaine passée ; il y a même eu de la pluie. Au moins je n’étais pas trop perturbé par le changement de climat avec Paris. J’ai fait un passage au musée du Bardo évidemment ; cela s’imposait.

    J’ai voulu aussi voir Bizerte car cette ville évoque beaucoup de choses pour moi et notamment cette idée de modernité, de mélange... et de défis techniques fascinant relevés là-bas depuis la fin du XIXe siècle.

    Je suis ensuite descendu à Sfax en train, passant par ma chère ville d’El Jem. J’ai traversé la forêt d’oliviers et je profitais à Sfax d’une belle promenade près du rempart et à la recherche de souvenirs inspirés par des vues anciennes de la ville gravées dans mon esprit.

    De là je suis descendu dans le sud à la découverte des austères ksour, enserrés dans leur écrin minéral et caressés par la lumière pure du jour et de la nuit.

    En remontant vers Tunis, je me suis arrêté à Monastir. J’avais une envie soudaine de manger des sardines alors j’ai acheté une boîte de sardines au monoprix de Monastir et je les ai mangées dans la rue. Ensuite j’ai été saluer Habib Bourguiba dans son beau sépulcre qui me fait tant penser, par son organisation, à un grand tombeau sis en plein cœur de Paris.

    J’ai enfin regagné Tunis. La semaine s’était vite écoulée et je n’avais pas eu le temps de faire un centième de ce que je souhaitais… pas le temps d’accomplir chacun de mes rêves. J’ai repris l’avion avec des regrets en espérant revenir très vite.

     

    A l’attention de mes lecteurs, j’ai pris quelques photographies durant mon voyage. Voici ces photographies que j’ai voulu partager avec vous :

     

    medium_Tunis.JPG
    medium_Bizerte.JPG
    medium_Sfax.JPG
    medium_Ksar.JPG
    medium_Monastir.JPG
    medium_Avenue_de_Tunisie.JPG
    [avenue de Tunisie]
     
    medium_Hotel_tunisien_bien_connu.jpg
    [hôtel tunisien bien connu]

     

    Fin de ce beau voyage... cette note est dédiée à Anis et Rached Trimèche... de la part de celui qui voyage par le rêve.