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  • J'aimerais devenir toi

    Ton ombre menue se détache à contre-jour d’un décor minéral fascinant de beauté, vision d’un désert simplement empli de solitude et de silence ; tu es venu y méditer, toi qui aimes tant les autres, toi qui leur donnes tant. Tu sembles n’y être plus qu’une poussière, toi qui es si grand, immense par le cœur, l’âme et la main que tu as su tendre à chacun.

     

    Cette image de toi que j’ai vue et dont malheureusement je n’ai pas de copie est devenue brutalement l’évocation sublimée de ton départ, de ce moment où tu nous quittes, nous laissant seuls emprunter notre propre chemin s’en t’avoir pour guide avisé.

     

    Certes tu n’as jamais cherché à te donner l’apparence de la perfection et tu as évoqué sans fards certaines de tes faiblesses. Mais ces faiblesses te rendaient plus humain encore et te rapprochaient plus encore de nous. Il me vient à l’esprit un passage d’une épitaphe romaine qui constitue un parallèle saisissant avec ton existence : « Quant à son métier, ce qu’il a mal fait, qui l’a fait mieux que lui ? Ce qu’il a bien fait, personne d’autre ne l’a fait. Il a vécu comme parmi les dieux, honorable par sa renommée plus que par sa fortune. Après des années, accueilli enfin dans l’éternité, il reste silencieux. »

     

    Une autre épitaphe romaine dit ceci : « il n’a jamais blessé personne, si ce n’est par sa propre mort ». Emmanuelle fend l’air gelé de sa robe d’airain et Paris entend sa plainte lente, sourde et grave qui étreint nos cœurs d’orphelins, meurtris par cette première et unique blessure que tu nous infliges.

     

    En nous abandonnant involontairement, toi qui étais comme un père pour nous tous, toi qui as été notre conscience, tu te retournes et portes sur nous un dernier regard bienveillant qui nous irradie de paix et d’amour. Tu adresses également à chacun de nous ces quelques paroles que j'imagine : « Vole de tes propres ailes ! Continue ce que j’ai fait et fais de nouvelles choses ! »

     

    Je brûle du désir de devenir toi, Héros de l’Amour ! mais il me faudrait être mille fois meilleur que je ne le suis.

     

    **********

    En écrivant cette note d’hommage à quelqu’un que, je l’espère, vous aurez reconnu, je n’ai pu m’empêcher de penser à un des moments les plus complexes de ma vie.

     

    Je devais avoir treize ou quatorze ans. Dans ma classe de collège venait d’arriver S***, un garçon plus âgé que la normale pour le niveau. S*** représentait à la fois l’ombre et la lumière. L ’ombre de sa violence, de son échec scolaire, du rejet qu’il avait de ses parents adoptifs et de son mal-être social. La lumière de son regard, de son visage, de sa sensibilité et de son intelligence, ces deux dernières qualités étant difficiles à percevoir... mais moi je l’avais remarqué. S*** était placé dans un foyer pour jeunes et il était un délinquant.

    S***, pourquoi es-tu venu t’asseoir à côté de moi dans la classe ? Pourquoi ai-je été le seul être humain à qui tu parlais vraiment ? Pourquoi me frappais-tu violemment quand tu n’arrivais plus à me parler ? Ces questions hantent mon esprit depuis quinze ans bien que je possède une part des réponses. Je n’ai cessé de penser à toi, espérant que le hasard me ferait te retrouver. En même temps, je me suis toujours demandé dans quel état je te retrouverais, si tu pourrais faire autrement que devenir dealer ou braqueur, mourir à dix-huit ou vingt-cinq ans d’une overdose ou du sida ou encore finir suicidé dans une cellule de prison. A la fin de l’année scolaire, on t’a retiré du collège pour t’envoyer ailleurs, comme un canard boiteux dont personne ne voulait ; je n’ai plus jamais eu de nouvelles de toi. Personne n'a pensé au lien qui s'était créé entre nous.

    J’ai connu dans cette classe toutes tes pensées, ton mal-être vertigineux, que tu t'exprimes par la parole ou par des coups. Je souffrais mais j’ai essayé de comprendre tout ce que tu essayais de me dire, quelque soit la façon que tu avais de le faire. La vérité c’est que j’étais très attaché à toi, autant que tu l’étais à moi. En apparence, nous étions l’opposé l’un de l’autre mais, en réalité, au plus profond de nous-même il y avait la même intelligence, la même sensibilité, la même humanité... et aussi la même détresse car nous étions, chacun pour des raisons différentes, dans une crise existentielle.

    Ce soir, en pensant à toi, S***, je pleure beaucoup ; dans mes larmes se mêlent des souvenirs tristes et heureux liés à ce jour où tu es venu vers moi dans la classe. Depuis quinze ans et en dépit de ce silence qui nous a finalement séparé, tu restes bien présent dans mon coeur... nous étions deux frères unis par la souffrance et par l’espoir de la surmonter.

     

  • Tu peuples mes rêves

    Le mois de janvier rime souvent avec horoscope. Je ne crois pas aux horoscopes mais je les lis quelquefois pour analyser la façon dont l'astrologue apporte des réponses psychologiquement satisfaisantes à son lecteur.

    Et si je regardais ce qu’on me prédit en amour pour l’année 2007... en fait, ce serait plus amusant de voir toutes les bêtises qu’on m’avait prédites pour les dix dernières années et les comparer au désert où j’ai vécu. L’astrologue ne doit pas trop décourager le client sinon il est mécontent et ne revient pas ! Mais bon, ne soyons pas trop désagréable avec les astrologues ; comme disait le regretté Pierre Desproges « on n’est pas là pour enfoncer les charlots » et il y a déjà suffisamment de chômeurs comme cela !

    Voici donc les prévisions officielles me concernant pour l’année 2007... je ne doute pas un seul instant qu’elles se réaliseront toutes !

     

    Premier trimestre

    Horoscope classique : période de calme... [froid polaire... si le climat veut bien redevenir normal !].

    Horoscope chinois : période de calme et de réflexion... [mais j’en ai marre moi de réfléchir... j’ai déjà suffisamment réfléchi !].

    Numérologie : janvier avec de nombreuses conquêtes passagères et d’éventuels projets de mariage... [dépêchez vous les nombreuses conquêtes et projets de mariage, on est déjà le 22 janvier !]... février marqué aussi par des conquêtes et de « torrides ébats amoureux » résultant de « mon magnétisme puissant, mon charme léger et mes initiatives irrésistibles » [quel hypocrite ce numérologue !]... mars verra la réalisation d’un fantasme sexuel... [ah alors c’est en mars que je vais embrasser enfin une femme sur la bouche ?!].

     

    Deuxième trimestre

    Horoscope classique : période faste où toutes les femmes succomberont à mon charme irrésistible et une, plus particulièrement, voudra se marier immédiatement avec moi... [ben voyons et pourquoi pas une livraison par le catalogue de la Redoute en 48h chrono tant qu’on y est !].

    Horoscope chinois : période pas favorable aux rencontres... [eh les charlatans, faudrait vous mettre d’accord !].

    Numérologie : en avril, je veux avoir une vie amoureuse stable [pourquoi seulement en avril ?!]... mai voit l’expression de mon grand pouvoir de séduction et je vais rencontrer quelqu’un vers la fin du mois [j’aimerais une date précise parce que le 24 mai je ne serai probablement pas disponible !]... juin sera encore un mois consacré à la recherche amoureuse [alors si je rencontre quelqu’un le 31 mai, dès le lendemain ce sera fini ?!].

     

    Troisième trimestre

    Horoscope classique : grand amour en perspective vu que je vais tomber amoureux [c’est ennuyeux car j’ai promis le mariage à une femme au deuxième semestre... peut-être que c’est la même dont je viens seulement de tomber amoureux après l’avoir demandé en mariage plusieurs mois avant ?! C’est possible... !].

    Horoscope chinois : je dois partir à l’étranger pour trouver l’amour mais sans garantie de mariage [alors pour ce voyage ce sera « satisfait ou remboursé » !].

    Numérologie : juillet très agité sur le plan sexuel avec peut être une rencontre sérieuse [tant mieux car l’été est fait plutôt pour se reposer !]... août sera mauvais à cause de mon égoïsme [non mais ça va pas… on se fait insulter par ces voyous en plus !]... septembre sera un mois où je vais songer au mariage [mais il faut peut être rencontrer quelqu’un avant de songer au mariage ?... et le mois d’août est pourri apparemment ! Je comprends rien !].

     

    Quatrième trimestre

    Horoscope classique : encore une rencontre prévue et des tensions en fin d’année [au moins si j’ai des tensions c’est que j’aurais un couple !].

    Horoscope chinois : une rencontre prévue... et on me dit que je dois me faire beau [cela veut dire que habituellement j’ai une sale figure ! Encore un bon compliment des escrocs !].

    Numérologie : en octobre, je vais rater une belle occasion [une de plus...]... en novembre, je vais croiser un ancien amour avec qui je ne dois surtout pas renouer [ah oui ? alors il faudrait que j’en ai un rapidement pour en avoir un ancien en novembre !]... en décembre, je peux vaguement espérer une rencontre [je vais attendre la mère Noël au pied du sapin, en espérant que son mari soit grippé le jour de la distribution des cadeaux !].

     

    A l’issue de ce test comparatif, il apparaît que les diverses méthodes se contredisent régulièrement... mais cela a l’avantage qu’on trouve toujours des choses agréables pour une période en alternant les méthodes ! Donc pour résumer l’année 2007 d’après ces prévisions de charlatans, les femmes, toutes folles de moi, vont se jeter sauvagement dans mes bras, attirées par mon charme irrésistible et mon tempérament sexuel volcanique. Je passerai en réalité, toujours aux dires de nos chers astrologues et autres, presque toute l’année dans un lit à prendre du plaisir et à satisfaire le nombre incalculable de mes conquêtes ; j’aurais plusieurs fois envie d’en épouser une mais une mystérieuse force m’en empêchera toujours, peut-être ce fameux égoïsme pour lequel je suis si réputé dans le petit monde de l’astrologie ! Je suppose d’ailleurs qu’on me prévoyait à peu près les mêmes choses pour les dix années précédentes !

     

    Je pense qu’il est temps alors de revenir à des choses plus sérieuses... de simples espoirs, l’envie d’y croire, des frissons dans le corps, et des rêves encore et encore... comment le dire autrement que dans un poème ?

     

    Tu es la femme qui peuple tous mes rêves ;

    Je t’aimerai le jour et la nuit, sans trêves.

    Tu partages ton souffle délicieux avec moi

    Qui ai l’âme aux nues et suis en toi en émoi.

    Mon corps fragile épouse le tien et tremble,

    Prêt à t’accompagner là où bon te semble.

     

    C’est avec toi, je le sais, que je veux vivre,

    Suivre les sentiers qui nous rendront ivres

    De bonheur, bercés des tendres caresses

    De l’astre doré, celui-là même qui, Déesse,

    Satine ta peau en y traçant ces mille reflets,

    Qui de notre amour composent l’alphabet.

     

    Je suis tout à toi, ô ma Lumière, ô ma Reine,

    Et c’est ton sang qui coule dans mes veines.

    Je cisèle ton corps de mes mains, sculpteur

    Et admirateur de mon modèle, horticulteur

    Effleurant tes pétales délicats, ô ma Rose,

    Pour nous mener aux joies de l’apothéose.

     

    Je songe à ton âme, ton cœur et ton corps

    Et mes nuits je les passe à mon triste sort,

    Me consumant de désir... éloigné de toi...

    Laisse le destin s’accomplir... délivre-moi !

    C’est à ton contact que je veux m’ennoblir

    Et dans tes bras rendre mon ultime soupir.

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  • Hommage au danseur du ciel

    Le 15 janvier 2006, il y a un an aujourd’hui, il est apparu sur la blogosphère tunisienne. Il semblait déjà d’une grande gentillesse, plein de gaîté, un brin timide ; il voulait s’exprimer, s’affirmer, grandir, apprendre, partager, découvrir, voyager, ...

     

    Depuis il est devenu l’un des plus beaux arbres de cette forêt blogosphérique, un arbre incontournable et connu de tous (ou presque !). A travers ses trois blogs successifs, il nous a offert et nous offre le meilleur de lui-même, et en premier lieu sa joie de vivre si communicative et l’énergie de sa jeunesse.

    Il a su partager avec nous ses émotions artistiques mais aussi humaines en révélant ses doutes divers et ses rêves présents ou perdus. Plus encore, il a souvent offert son cœur amoureux à notre regard, nous faisant part de ses joies et de ses peines.

    A côté de ces idées parfois sombres, il a su faire preuve d’un grand humour et même manier assez souvent l’autodérision, n’hésitant pas à forcer ses propres défauts ou à en inventer d’autres dans le seul but de faire rire. Il a aussi proposé à diverses reprises des jeux amusants pour nous divertir agréablement.

     

    Bien que ces choses aient paru souvent futiles à certains, il faut souligner la profondeur de ses pensées, son goût pour le non conformisme qui le conduit à aborder des sujets parfois délicats ou encore des pensées intimes comme ses fantasmes et pulsions. Mieux encore, il s’avère être un talentueux portraitiste social à travers la présentation de divers personnages croisés ou imaginaires qui apparaissent dans ses écrits.

     

    Il a été celui qui m’a accueilli sur la blogosphère, celui qui m’a tendu la main, celui qui m’a donné confiance en moi, celui qui m’a encouragé, par son remarquable charisme, à créer mon propre blog. Il m’a protégé contre les attaques, il a fait connaître mon blog.

    Je ne cesse de penser, avec la plus vive émotion à tout ce que je lui dois. Je repense à tout ce que nous avons partagé de bon et de moins bon aussi depuis presque une année sur la blogosphère ou en dehors. Je songe, avec des larmes aux yeux, que, sans lui, sans ce déclic qu’il m’a donné, je n’aurais pas pu connaître certaines personnes que j’aime infiniment. Le fait d’avoir croisé son chemin sur la blogosphère a bouleversé une part importante de ma vie et ce lent processus a commencé il y a un an aujourd’hui, le 15 janvier 2006, ce jour où il s’est lui-même lancé dans l’aventure blogosphérique.

     

    Mon Ange, tu danses dans ce ciel

    Doux et léger aux reflets de miel ;

    Nous volons vers toi, irrésistible

    Aimant, et tu vises comme cibles

    Nos cœurs remplis de pure joie,

    Celle d’être ici tout près de toi.

    Avoir croisé un jour ton chemin,

    Mon Frère, est signe du destin.

    Je savoure ce très agréable sort

    T’aimer pour toujours très fort.

     

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