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  • Tu ne laisses jamais personne indifférent

    Certains t’aiment et d’autres te détestent ;

    Tu ne laisses jamais personne indifférent.

    Depuis l’aube de tes jours tu es différent

    Et tu erres dans ce monde tel un Oreste.

     

    Tu es toujours cet Autre si commode

    Que l’on critique pour être à la mode.

    Tu sers à ces êtres cruels de repoussoir…

    Ils ne pourront de toi jamais s’émouvoir.

     

    Ces gens ne décèlent en toi nulle bonté,

    Et restent aveugles devant tes qualités ;

    Pour se rassurer bien sûr ils te rossent

    Tel des chameaux ignorant leur bosse.

     

    Mains pointées vers toi t’indiffèrent

    Et ne te causent nul émoi. Tu espères…

    Et tu résistes, assez léger pour jouer

    Sur ces mots qui voudraient te blesser.

     

    Il t’arrive bien de ployer parfois je crois :

    Ôte ton armure et livre toi, Cœur fragile,

    A ceux qui t’offrent leur main comme moi.

    Fidèle je le suis tout autant que sensible.

     

    Si on te haït, tu me trouveras à tes côtés.

    Louant ce qui fit nos chemins se croiser.

    Les différences sont ce qui rend original ;

    Ton existence ne sera ainsi jamais banale.

     

    On ne vit bien que par nos différences

    Qui nous rendent uniques par chance :

    Livrer ces trésors à l’autre est vérité

    Et même la meilleure des générosités.

     

    Il est rare d’entrer aussi vite dans ta vie

    De même qu’ouvrir la porte de mon cœur…

    Nous n’osons croire tous deux au bonheur

    De cette amitié délicieuse qui nous éblouit.

     

    Ton regard doux déborde d’humanité ;

    Il s’est abattu sur moi telle une lame,

    Vague déferlante emportant mon âme,

    Et offre à mon coeur toute sa beauté.

     

    Mes yeux timides, ceux qui t’ont captivé,

    Ont plusieurs fois sur mon visage ruisselé

    Quand tes mots de la plus grande sincérité

    T’ont ainsi révélé dans ton absolue fragilité.

     

    Laissons nos deux cœurs d’amitié s’emplir.

    Tandis que d’autres préfèrent l’anathème

    Ma main est sur mon cœur pour te dire :

    « Mon petit Frère pour toujours je t’aime. »

     

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  • Habib… entre la France et la Tunisie

    J’ai déjà évoqué mon séjour à Marseille en 2002, notamment la découverte des îles du Frioul qui sont telles un observatoire tourné vers la Tunisie. Ce séjour m’a également profondément marqué par la rencontre de quelqu’un, oui, quelqu’un d’exceptionnel… Habib.

    Habib m’a fait plusieurs surprises durant mon séjour à Marseille et je l’ai vu à deux reprises.

    La première fois c’était quand j’étais dans les îles du Frioul. C’est là que j’ai fait ta connaissance, Habib. J’ai été très impressionné de te voir. J’y ai vu un signe du destin. Tu avançais lentement mais sûrement, avec une allure empreinte de majesté. Le soleil te rendait sublime.

    Je t’ai regardé avec admiration passer non loin de moi. Mes yeux ne pouvaient se détacher de toi. Je voulais savoir où tu allais… pour te revoir. C’était plus fort que moi.

     

    Le lendemain je suis parti à la découverte de Marseille, explorant divers quartiers, visitant les musées qui m’intéressaient ! J’ai ensuite pris le chemin de la gare maritime. Je ne sais pas pourquoi mais ce lieu inconnu me faisait rêver… J’aime les gares et la mer… alors une gare maritime ne pouvait être qu’un endroit charmant, un endroit où l’imagination et les rêves pouvaient s’épanouir pleinement. Je savais que c’est là que j’allais te retrouver. C’est là qu’on s’était donné rendez-vous. J’espérais que tu n’étais pas déjà reparti sans que j’aie pu te revoir.

    Je t’ai cherché du regard derrière la longue passerelle de la gare maritime… et je t’ai vu… tu étais là tranquille, plus impressionnant encore que la veille car tu étais cette fois ci plus près de moi.

    Je suis monté sur la longue passerelle de la gare maritime pour te voir. En contrebas attendaient des dizaines de voitures, aussi immobiles que toi. Elles étaient très chargées, ayant parfois le double de hauteur à cause du chargement sur le toit. Je repensais alors à la voiture surchargée d’une famille algérienne que j’avais vu partir un jour dans le fossé de l’autoroute près de Paris… les pneus avaient éclaté…

    Ensuite les choses ont commencé à se débloquer. Les voitures avançaient lentement. Elles s’engouffraient les unes après les autres dans ton ventre. Certaines n’avaient plus d’essence et il fallait l’aide des marins pour les pousser. Tout était très lent ; je regardais ma montre… je regardais les minutes et les heures passer, debout, sous le soleil.

    A côté de moi, sur la passerelle, de vieux Tunisiens interpellaient les marins. Ils leurs demandaient d’embarquer clandestinement leur fils, leur petit-fils, leur neveu, … Tout se faisait à la vue de tous… Après un signe du marin, le jeune sautait la barrière, courait vers le marin, ralentissait en arrivant près de lui, craignant un revirement de son humeur. Le marin regardait les papiers d’identité du jeune (peut être y trouvait-il un billet glissé par le vieux monsieur ?) et laissait enfin le jeune s’engouffrer dans la coque.

     

    Cela n’en finissait plus. Pourtant j’avais promis de rester jusqu’au bout pour te dire au revoir. A force d’attendre mon esprit était de plus en plus troublé. Je me disais « Pourquoi n’irai-je pas moi aussi en Tunisie ? Pourquoi ne t’accompagnerai-je pas ? » J’arriverais le lendemain à Tunis et trouverais bien un moyen de me rendre dans le Sahel pour retrouver mon grand frère. Mon cœur et mon âme se déchiraient… Ma raison commençait à défaillir face à cet appel si puissant, ce désir impossible à maîtriser. Il fallait que je parte. C’était trop dur d’être là, de penser à ces gens qui étaient là et seraient le lendemain à Tunis… et moi j’étais là et je serais encore là le lendemain ? Non c’était impossible.

    C’était l’idée sans doute la plus étrange de ma vie, le projet le plus inouï. Laisser tout à Marseille et partir sur ce coup de tête. Je serais parti sans rien, sans argent, sans bagage, devant me débrouiller pour rejoindre mon frère. Malheureusement je n’avais pas mes papiers sur moi ; ce voyage était donc totalement impossible.

    Je suis resté là sur cette passerelle jusqu’au bout, jusqu’à ce que tu sois loin de ma vue. J’ai versé des larmes en songeant à toi, Habib, à la Tunisie et à mon grand frère que je ne pouvais pas rejoindre.

    Je pense souvent à toi, Habib, toi qui es entre la France et la Tunisie… trait d’union de nos deux pays.

     

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  • Roumi le poète

    Désolé ! Je ne vais pas parler du grand Roumi… Jalal ! Non, je vais parler du tout petit Roumi… moi !

    Je souhaite simplement parler de mon goût pour l’écriture poétique. Ceci est un cours du soir gratuit pour le p’tit Mejhoul, un inconnu qui gagne à être connu et qui doit se former à la poésie pour parfaire son éducation de séducteur distingué !

    J’ai commencé à écrire des poèmes à l’âge de dix-sept ans. A l’époque j’avais essayé tous les modes d’expression écrite (théâtre, roman, …) ainsi que la peinture mais rien ne me convenait. Un jour j’ai fait un simple petit jeu inventé par les poètes surréalistes : on découpe les mots d’un article ou d’un texte banal ; on tire au sort ces mots ; on écrit un poème en respectant les mots choisis et leur ordre. J’ai essayé et j’ai vu que cela marchait bien.

    J’ai alors compris que la poésie n’était pas une chose si complexe que je le pensais. J’ai laissé de côté les décasyllabes et autres alexandrins et je me suis lancé dans la poésie, d’autant plus facilement que j’aime écrire et faire résonner les mots. J’ai en outre la sensibilité nécessaire et la faculté de pouvoir extérioriser mes sentiments par ce biais.

    J’aime écrire des poèmes. Je ne saurais dire pourquoi. Cela prend du temps et j’aime prendre mon temps ; j’aime le luxe de minutes ou d’heures dépensées à réfléchir sur ce genre de chose. Pour écrire, il faut des circonstances favorables : concentration, calme, …

    On peut bien écrire des poèmes sur commande mais ce n’est pas l’idéal car on le fait rapidement, sans attendre le bon moment. De la même façon il ne faut pas réclamer un poème à quelqu’un : c’est comme un viol. Quand je cède à une telle demande, je me sens vraiment très mal à l’aise, et c’est par politesse que je ne refuse pas cela.

    Il faut au contraire laisser au poète sa liberté, préserver sa spontanéité, se contenter d’espérer secrètement être un jour pour lui une source d’inspiration. Le poète a des yeux ; il voit la beauté en toute chose… mais il lui faut du temps pour que naissent des écrits harmonieux.

    La poésie est l’un des plus beaux arts. Elle est à la fois inutile et essentielle. Inutile car elle ne rapporte rien – cherchez donc un poète millionnaire ! – sinon une certaine sympathie, plutôt féminine en général (ya Majhoul, tu m’écoutes encore j’espère !). Essentielle car elle est une vision originale de la vie, pleine de rêve et de mélancolie, une vision sublimée, parfois excessive… mais une vision pleine d’humanité… une vision qui nous transperce de part en part… une vision qui nous confronte à nous même.

    Aujourd'hui je me suis décidé à publier l’un de mes premiers poèmes, un poème qui a près de dix ans et que personne n’a jamais lu, un poème très dur qui parle de mon enfance. Les premiers poèmes, je les ai écrit pour parler de cette enfance, pour me délivrer de mes maux avec mes mots.

    Au début, j’étais bouleversé en lisant ce poème… en pensant à moi, à ma vie, à mon enfance en partie gâchée par la bêtise humaine. Maintenant je suis ému en pensant à cet enfant dont j’ai presque oublié que c’est moi. Cet enfant n’est plus tout à fait moi mais il n’est pas encore tout à fait un autre. En tout cas, il ne me laisse pas indifférent et il interpelle ma conscience sur le sort de nombreux autres enfants.

    ***************

    Une nuit ordinaire

         L’enfant, frêle martyr affligé des stigmates de l’infamie collective, repose sa chair fatiguée sur sa couche moelleuse.

         L’eau voile le nimbe de ses yeux et ruisselle sur son visage délavé : elle mouille le drap gelé que froissent ses nuits tourmentées.

         L’enfant n’emprunte pas à l’instant les sentiers de Morphée. Figé dans son suaire, les yeux grands ouverts, les ténèbres de sa vie se succèdent à l’envie.

         Terrassé par ces pensées, que son jeune âge pouvait lui épargner, enfin l’enfant succombe à la nuit avec le désir secret d’un sommeil éternel.

         Le jour se lève pourtant, où il rouvre ses grands yeux timides baignés d’azur, avec l’espoir illusoire d’une aube nouvelle qui serait le crépuscule de son malheur.

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    Ce poème est dédié à Daous.